Cliniques universitaires Saint-Luc

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Lettre d'information n° 26 - 4 avril 2003

Dormir debout

Le somnambulisme est une forme de parasomnie, généralement bénigne. Le patient ne s'en plaint pas, tout simplement parce qu'il n'en a pas conscience. C'est d'ailleurs souvent son entourage qui consulte ou l'invite à consulter, car c'est un phénomène assez effrayant pour celui qui en est témoin.

Le somnambulisme touche plutôt les enfants (7 -12 ans) que les adultes, sans que l'on sache pourquoi. Il est très proche de deux autres phénomènes, les terreurs nocturnes (mais qui touche les enfants de 3 à 5 ans), et les éveils incomplets avec confusion.

Il a lieu dans le premier tiers du cycle du sommeil, après une phase de sommeil très profond. Si l'on regarde le tracé d'un électro-encéphalogramme, on s'aperçoit que le patient est entre sommeil et veille. Chez certains, le passage entre les deux phases se passe mal. Le patient est alors capable d'expressions motrices et autonomiques, plus ou moins marquées.

S'il exprime un comportement moteur très marqué, mais sans autonomie (le patient ne sait pas qu'il marche, voire qu'il repasse, par exemple), on parle de somnambulisme.

Souvent, les enfants qui ont eu des terreurs nocturnes (éveil de l'enfant et hurlements, phénomène qui dure l'espace de quelques secondes) seront somnambules, de même que l'on constate souvent des antécédents familiaux.

De même qu'on ne sait pas expliquer pourquoi certains sont somnambules, on ne sait pas pourquoi le phénomène s'arrête, souvent dans l'enfance.

Pas vraiment. Le phénomène en tant que tel est tout à fait bénin.

Bien sûr, il peut entraîner un comportement dangereux: le patient agit, mais n'est pas réveillé. Cela peut avoir des conséquences: on se cogne, on se blesse. Certains passent par la fenêtre!

Mais ce qui doit surtout attirer l'attention de l'entourage, c'est si le phénomène persiste à l'âge adulte: le somnambulisme peut être l'expression d'une grande anxiété ou d'un problème psychologique autre, qu'il faut parfois traiter. Enfin, dans quelques cas rares, ce que l'on prend pour du somnambulisme est en fait une crise d'épilepsie du lobe frontal et là, une aide médicale est nécessaire.

On conseille d'ailleurs, lorsque le phénomène persiste à l'âge adulte, de réaliser des examens du sommeil, éventuellement couplés à l'enregistrement vidéo du patient, afin de constater le phénomène et de s'assurer de sa nature exacte.

Pas vraiment, mais on sait que le somnambulisme est favorisé par un sommeil très profond (après plusieurs jours d'activité physique intense ou un manque de sommeil, par exemple) ou par un environnement bruyant. Il importe donc, idéalement, de favoriser un rituel du coucher, et d'éviter que l'enfant s'énerve avant d'aller dormir, en regardant la télévision, par exemple.

En effet. Non pas parce que c'est dangereux. Mais parce que c'est inutile. Le somnambule va, après quelques instants d'activité, regagner son lit et finir sa nuit.