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Une rhinite chronique est une rhinite persistante, c-à-d qui dure plus de 4 semaines par an et plus de 4 jours par semaine. Toutes les rhinites ne sont pas allergiques.
Certaines personnes développent une rhinite chronique non allergique car elles sont sensibles à ce que nous appelons des causes toxiques: tabac, environnement professionnel (si utilisation de matières toxiques, par exemple), certains médicaments, ... Ces personnes associent parfois une allergie à cette rhinite chronique.
La rhinite peut être exclusivement allergique. Dans ce cas, normalement, le patient ne souffre que de rhinite saisonnièrement. Il y a cependant deux exceptions à cela: le patient qui est sensible à des allergènes différents qui se succèdent dans le temps (par exemple, les acariens, les pollens d'arbre, puis les herbes) et celui qui est sensible aux acariens (à cause d'une exposition anormalement prolongée, dues aux maisons humides, aux moquettes, ...). Ceux-là voient leur rhinite devenir chronique.
Oui. De plus en plus souvent, les personnes sont d'emblée polysensibles, c-à-d qu'elles sont allergiques à plusieurs substances. Hélas, nous ne savons pas pourquoi.
De plus, les personnes sensibles aux acariens paient nos mauvaises habitudes: nous n'aérons pas assez nos maisons et cette humidité atmosphérique constante empêche la disparition des acariens (qui normalement ne ne manifestent qu'en automne et en hiver).
Nous estimons qu'entre 15 et 25% de la population est atteinte de rhinite chronique dans les pays dits développés. Et les chiffres montent: on s'attend à 30 % de personnes touchées en 2010.
Ce sont plutôt les facteurs précipitants qui sont devenus plus fréquents: tabagisme passif ou tabagisme chez la femme enceinte, introduction dans la vie domestique de plus en plus d'animaux, pollution extérieure, riposte de la nature (de plus en plus de pollens), erreurs architecturales, ...
Sans changer nos comportements, nous allons vers une catastrophe dans les 10 prochaines années.
Oui. La rhinite chronique entraîne une chute de la qualité de vie (troubles du sommeil, de la conduite, diminution de l'attention, effets secondaires des médicaments, comme la somnolence, fatigue, ...). Elle a aussi une répercussion socio-économique importante: les études récentes montrent en effet une perte de rentabilité de 25 à 40% des personnes atteintes.
De plus, en Belgique, nous n'avons pas assez d'équipes médicales spécifiques pour faire face à une demande croissante de suivi. Nous autres médecins sommes insuffisants en nombre pour soigner une population d'allergiques qui ne cesse de croître.
Enfin, il faut noter que 30% des rhinitiques allergiques vont développer de l'asthme, à un moment ou à un autre.
Il y en a plusieurs. Il faut favoriser l'allaitement maternel et éviter le tabagisme chez la femme enceinte, on évitera aussi d'introduire trop rapidement des aliments "exotiques" dans le régime alimentaire du jeune enfant.
Il est également important de responsabiliser les architectes: non aux salle de bains dans les chambres, aux piscines intérieures, aux moquettes dans les chambres à coucher, ...
Enfin, chacun doit être attentif à quelques critères d'hygiène tels une bonne aération de la maison, ne pas fumer à l'intérieur, limiter les animaux domestiques, ainsi que les plantes vertes, et toute source d'humidité (aquarium, ...). Les humidificateurs sont à bannir!
Idéalement, il faudrait aussi agir sur la pollution atmosphérique, en choisissant de ne pas toujours prendre sa voiture pour les petits trajets. Attention! Il ne s'agit pas de changer de comportement quelques jours par an, quand on annonce des pics d'ozone, par exemple!
Le traitement s'axe sur 3 points: l'éviction de l'allergène, quand c'est possible, ou un traitement médical à base d'antihistaminiques locaux et oraux, ainsi qu'à base de corticoïdes inhalés et d'antagonistes de leucotriènes. Enfin, nous pouvons désensibiliser le patient, grâce à l'immunothérapie spécifique, mais cela n'est faisable que lorsque la personne n'est sensible qu'à un seul allergène. Ce qui devient de plus en plus rare.