Cliniques universitaires Saint-Luc

Cliniques universitaires Saint-Luc

Lettre d'information n° 31 - 11 juin 2003

Cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme de plus de 55 ans, après le cancer du côlon. C'est une maladie guérissable si elle est prise à temps, lorsque la tumeur est encore tout à fait localisée à l'organe.

Certains cancers de la prostate se révèlent cependant très agressifs, alors que d'autres évoluent moins vite. C'est particulièrement vrai pour les patients âges de plus de 75 ans.

Le meilleur moyen de ne pas mourir du cancer de la prostate est de pratiquer un dépistage précoce, ce qui est possible depuis les années 80, grâce au dosage du PSA, une protéine spécifique de la prostate secrétée en petite quantité dans le sang des patients.

C'est ce que nous cherchons à faire. Il faut savoir qu'en l'absence de dépistage précoce, seul un faible pourcentage de patient est diagnostiqué avec une maladie localisée; lorsque le diagnostic est posé, leur cancer est étendu, voire généralisé.

Malheureusement, le cancer de la prostate ne laisse pas paraître de signes avant-coureurs: 80% des patients n'ont aucun symptôme urinaire, par exemple. Rien dans leur état de santé ne les a affolés, et le cancer a pu progresser.

Outre le dosage du PSA, effectué sur base d'une simple prise de sang, seul le toucher rectal permet de détecter un signe de cancer de la prostate, soit le gonflement bénin de l'organe (appelé hyperplasie nodulaire bénigne ou adénome).

La valeur du PSA change en fonction de l'âge (voir encadré). Toute augmentation du PSA n'est cependant pas obligatoirement un signe de cancer, il y a de multiples causes annexes.

Age et PSA

Moins de:

50 ans

60 ans

70 ans

Inférieur:

2.5 ng/ml

3.5 ng/ml

4.5 ng/ml

Pour plus de certitudes, le médecin traitant ou l'urologue compléteront le cas échéant, ce bilan minimal par une échographie de la prostate, voir d'autres examens, comme des biopsies (ponctions) de la prostate. Il s'agit d'un geste peu agressif qui se pratique par le rectum, soit sous anesthésie locale, soit lors d'une très courte anesthésie

Un dépistage annuel est essentiel si l'on veut se donner toutes les chances de guérir d'un éventuel cancer de la prostate.

En effet, il a été prouvé que le dépistage annuel peut induire un réel état de stress chez les patients (PSA, Patient Stress Amplifier). Comme tout dépistage, celui du cancer de la prostate est grevé d'une morbidité certaine (les patients ont peur d'apprendre au terme de l'examen qu'ils sont malades). Malheureusement pour ces personnes, le dépistage séquentiel (tous les ans ou tous les deux ans) semble offrir plus de sécurité que le dépistage unique.

Bien entendu, la chirurgie et la radiothérapie ne guérissent pas encore tous les malades.

Cependant, et même si beaucoup d'hommes diagnostiqués avec un cancer prostatique vont mourir d'autre chose, il faut insister: le meilleur moyen de ne pas mourir du cancer de la prostate est de pratiquer un dépistage précoce.

Oui. Les hommes âgés de 50 à 75 ans de façon générale, y compris en bonne santé générale.

S'il y a déjà plusieurs parents du premier degré qui ont développé un cancer de la prostate avant l'âge de 70 ans, il vaut mieux se faire dépister dès l'âge de 45 ans, voir 40 ans.

Vous souhaitez subir un dépistage du cancer de la prostate?
Parlez-en à votre généraliste ou votre urologue!
Plus d'informations à Saint-Luc: 02 764 19 92