Cliniques universitaires Saint-Luc

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Lettre d'information n° 38 - 10 octobre 2003

Qu'est-ce-que la sclérose en plaques?

La sclérose en plaques est l'une des maladies les plus courantes du système nerveux central (cerveau et moelle épinière). Il s'agit d'une affection inflammatoire, provoquant une perte de myéline dans le système nerveux central.

La myéline est une membrane spéciale qui isole les nerfs, agissant un peu comme la gaine d'un fil électrique et permettant la transmission rapide de l'influx nerveux. Or, c'est la vitesse et le rendement de transmission de cet influx qui permettent à chacun d'exécuter des mouvements rapides et coordonnés sans efforts conscients.

La maladie évolue le plus souvent par poussées, avec nouveaux symptômes et/ou aggravation de ceux existants.

La sclérose en plaques ne présente pas d'évolution type: chaque patient présente un ensemble distinct de symptômes, dépendant des zones du système nerveux central qui ont été affectées; ces symptômes peuvent varier d'une période à l'autre, ainsi que leur intensité. Les systèmes les plus souvent affectés:

  • Troubles de la vue: vision floue, double, mouvements oculaires involontaires;
  • Problèmes d'équilibre et de coordination: perte d'équilibre, tremblements, marche instable (ataxie), vertiges, manque de coordination, faiblesse physique (particulièrement les jambes et la marche), rigidité musculaire,...
  • Problèmes moteurs: faiblesse physique (particulièrement aux membres inférieurs), troubles de la marche, raideur musculaire,...
  • Troubles de la sensibilité: diminution de la sensibilité, picotements, engourdissements (paresthésie), sensations de brûlure, de douleur, dans une partie du corps;
  • Anomalies de l'articulation des mots: ralentissement de la parole, empâtement des mots prononcés, modification du rythme de la parole;
  • Fatigue: une fatigue générale inhabituelle souvent imprévisible et sans proportion avec l'activité entreprise. La fatigue est l'un des symptômes les plus courants (et des plus gênants) de la sclérose en plaques;
  • Problèmes d'urines et de selles: besoins urgents;
  • Sensibilité à la chaleur (les symptômes séquellaires seront souvent plus gênants lors d'une élévation de la température du corps: conditions climatiques, fièvre, effort physique.)
  • Troubles cognitifs et affectifs: problèmes de mémoire à court terme, de concentration, de jugement ou de raisonnement.

Si certains de ces symptômes sont immédiatement apparents, d'autres, tels que la fatigue, l'altération des sensations, et les problèmes de mémoire et de concentration sont souvent des symptômes "cachés".

La cause n'est pas encore connue avec certitude, mais de nombreux chercheurs à travers le monde cherchent à rassembler méticuleusement les pièces de ce puzzle complexe.

Il semble que les dommages causés à la myéline soient dus à une réponse anormale du système immunitaire, qui prend comme cible cette substance, plutôt que les agents infectieux extérieurs (bactéries et virus). La sclérose serait donc à considérer comme une maladie auto-immune.

Cette réponse mal appropriée serait due à un ou plusieurs virus, probablement assez courant (comme celui de la grippe, de l'herpès, ...), qui agissent en amorce, activant les lymphocytes (globules blancs du sang). Ces cellules passent alors dans le système nerveux central (cerveau), en traversant la barrière entre le système sanguin et le cerveau, de manière à amener celui-ci à attaquer la myéline et à la détruire.

L'âge moyen d'apparition est de 29 à 33 ans, mais la fourchette totale varie de 10 à 59 ans. La fréquence est plus élevée chez les femmes que chez les hommes: trois femmes en sont atteintes pour deux hommes.

La sclérose en plaques n'est pas une maladie héréditaire, elle n'est pas transmise par voie génétique. Cependant, elle semble favorisée par une certaine "susceptibilité" génétique, ce qui explique qu'elle est légèrement plus fréquente dans les familles où elle s'est déjà déclarée dans le passé.

La maladie est également plus fréquente dans les pays à climat tempéré (Europe et Amérique du Nord), peut-être en fonction d'une susceptibilité spécifique de la population native.

Pour le moment, on ne guérit pas de la sclérose en plaques. Les moyens à notre disposition permettent juste de freiner l'évolution de la maladie (diminuer le nombre et la sévérité des poussées, .).

La recherche essaye de mieux comprendre le mécanisme qui fait dysfonctionner les lymphocytes T et cherchent à contrôler les substances qu'elles produisent (les cytokines). Elle s'attelle aussi à comprendre pourquoi la barrière entre le sang et le cervrau dysfonctionne et permet le passage des éléments qui vont détruire la myéline.