Cliniques universitaires Saint-Luc

Cliniques universitaires Saint-Luc

Lettre d'information n° 41 - 16 mars 2004

Les infections nosocomiales

Une infection nosocomiale est une infection acquise dans le cadre de l'administration de soins. Ces infections ne sont pas toutes évitables.

Il y a différents types d'infections. Les plus fréquentes sont les infections urinaires. Les infections respiratoires et les infections du site opératoire représentent chacunes 20 % de toutes ces infections. Enfin, les septicémies, infections les plus graves sont des infections généralisées qui mettent parfois la vie des patients en danger.

Les services les plus touchés sont les services de soins intensifs, la néonatologie et les services de chirurgie. Chaque contact avec un matériel étranger présente un risque. L'introduction de sondes et de cathéters et les incisions lors des actes chirurgicaux sont autant de portes d'entrée pour les infections.

Oui, il y a plusieurs sources d'infections: les soignants, l'environnement et le patient lui-même. Des germes sont présents sur la peau, dans le tube digestif, etc. Le patient peut s'infecter avec ses propres germes. Ce sont des infections plus difficile à éviter.

Le risque de développer une infection est lié à l'état de gravité du patient. Un patient faible ou gravement atteint aura plus de risques de développer une infection nosocomiale.

Les infections nosocomiales ont un coût humain et social mais aussi financier. Elles prolongent la durée de séjour dans les hôpitaux. Pour la Belgique, le coût financier est estimé à 250 millions d'euros par an.

Une étude a montré que 30 % des infections nosocomiales peuvent être prévenues lorsqu'une équipe d'hygiène est présente dans l'hôpital. Le financement du Comité d'Hygiène Hospitalière est assuré par le Ministère de la Santé. Le nombre de médecins et d'infirmiers hygiénistes est calculé en fonction des risques encourus dans l'hôpital (nombre de lits et types de service).

Elle développe un programme de prévention et de surveillance des infections; elle établit des procédures et des règles d'hygiène et de désinfection et recherche les sources d'infections. Elle s'occupe aussi de la formation du personnel aux mesures d'hygiène.

Aux Cliniques universitaires Saint-Luc, chaque membre de l'équipe a un rayon d'action particulier. Une infirmière est attachée à l'hygiène aux soins intensifs et au quartier opératoire. Une autre s'occupe du reste de l'hôpital en se concentrant notamment sur la chirurgie cardiaque, la néonatologie et l'orthopédie. Nous avons aussi une bio-hygiéniste qui effectue régulièrement des prélèvements d'environnement dans tout l'hôpital. Ces prélèvements se font surtout dans les endroits critiques tels que la dialyse, la biberonnerie, le bloc opératoire et la piscine d'hydrothérapie.

Un suivi épidémiologique particulier est organisé pour les septicémies nosocomiales et le MRSA (un staphylocoque doré qui a acquis beaucoup de résistance aux antibiotiques).

Pour le médecin hygiéniste, cette médiatisation est utile et très positive. Elle sensibilise tout le monde: les médecins, le personnel soignant mais aussi les patients.

Auparavant, le médecin hygiéniste était perçu comme quelqu'un de dérangeant; il était plutôt mal vu. Aujourd'hui, la sensibilisation et conscientisation des médecins et du personnel soignant se sont développées. Le médecin hygiéniste et ses collègues s'aident mutuellement et ont établi des relations de confiance. Ces relations privilégiées sont les clés de la réussite du programme de prévention.

Les infections nosocomiales sont souvent perçues comme synonyme de non-qualité. C'est un raccourci trop facile, il faut changer les mentalités. Et il faut bien se rappeler que le risque zéro n'existe pas. On ne sait prévenir que 30 % des infections.

L'hygiène des mains est fondamentale. Une campagne nationale de sensibilisation à l'hygiène des mains sera organisée dans les prochains mois. L'hygiène des mains permet de réduire la présence de germes à leur surface. La solution hydro-alcoolique est l'agent désinfectant le plus efficace. Elle doit être utilisée avant et après chaque contact avec un patient.


Les patients peuvent aussi participer à la prévention en se lavant les mains à chaque sortie de la chambre. Il en va de même pour les visiteurs lors des visites à quelqu'un d'hospitalisé.