Cliniques universitaires Saint-Luc

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Lettre d'information n° 45- 13 juillet 2004

La somnolence au volant

On peut distinguer quatre causes principales: le manque de sommeil, le rythme circadien de la vigilance, l'alcool et les médicaments, enfin certaines maladies.

Le manque de sommeil est un des facteurs qui altèrent le plus la vigilance du conducteur. Cela a l'air d'une lapalissade et pourtant c'est un élément trop négligé. La privation de sommeil peut être aiguë, après une nuit blanche, ou chronique, dans le cas des travailleurs de nuits ou des navetteurs qui se lèvent chaque jour très tôt le matin pour aller travailler. Ils augmentent jour après jour leur déficit en sommeil.

Les périodes de veille et de sommeil fluctuent selon un rythme circadien (c'est-à-dire, selon un cycle d'environ 24 heures). La vigilance est naturellement la plus basse entre 2 et 5 heures du matin. Il vaut donc mieux éviter de conduire pendant cette période. La vigilance est également diminuée en début d'après-midi, indépendamment de la prise d'un repas.

L'effet de l'alcool sur la vigilance est bien connu. Mais de très nombreux médicaments peuvent également augmentent la somnolence. C'est évident pour les somnifères et les anxiolytiques, mais d'autres catégories de médicaments peuvent aussi provoquer ce type d'effet secondaire. Les antihistaminiques, même les plus récents, les antidépresseurs et neuroleptiques, la plupart des antiépileptiques, plusieurs antiparkinsoniens, certains antitussifs, les bêtabloquants, peuvent provoquer une somnolence, parfois marquée chez les individus sensibles. Ceci est particulièrement valable pour les gens âgés qui souvent consomment plusieurs médicaments en même temps, dont les effets secondaires s'additionnent alors.

Enfin, certaines maladies, parmi lesquelles le syndrome d'apnée du sommeil est la plus fréquente, provoquent une fatigue excessive et des périodes de somnolence.

Ces causes peuvent évidemment se cumuler et accentuer le phénomène.

C'est surtout la monotonie générée par les longs trajets sur autoroute qui peut être dangereuse. L'aspect motivation intervient aussi. Des études réalisées par la clinique du sommeil du CHU de Bordeaux montrent qu'un moment vulnérable se situe en fin de voyage, quand le conducteur a accumulé beaucoup d'heures au volant et est moins attentif, content d'arriver enfin à destination.

Toutes les tranches d'age sont touchées par ces baisses de vigilance, mais les jeunes sont plus insouciants et n'ont pas conscience de leur fatigue ou choisissent de ne pas en tenir compte.

Les départs en vacances se font souvent dans la précipitation après le bouclage d'une dernière journée de travail particulièrement remplie, et une nuit écourtée. L'idéal serait de se donner 24 heures de repos avant de prendre la route, de faire une pause toutes les deux heures et, si possible, d'alterner la conduite avec un deuxième conducteur. Si vous décidez de faire une sieste dans votre voiture, préférez la position allongée: la récupération sera meilleure. Enfin, ne conduisez pas de très longs trajets d'une traite mais prévoyez plutôt de faire une étape pour la nuit.

Bonnes vacances !