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Pour faire le point sur les problèmes de poids des enfants et adolescents, nous avons rencontré le Dr. Véronique Beauloye, responsable de la clinique de l'enfant et de l'adolescent obèse aux Cliniques universitaires Saint-Luc.
L'obésité d'origine endocrinienne ou hormonale est rare. Dans la majorité des cas, c'est plutôt le mode de vie qui doit être mis en cause. La dynamique familiale, l'environnement de l'enfant, la (mauvaise) prise en charge parentale et les éventuelles difficultés scolaires sont des facteurs susceptibles d'amener à une prise de poids importante.
Derrière les kilos se cachent souvent beaucoup de souffrance.
D'une part, l'excès pondéral est souvent un symptôme d'une difficulté de l'enfant; les kilos font office de pare-choc et manger permet de combler un certain vide. D'autre part, la première complication de l'excès de poids chez l'enfant est la mauvaise image de soi.
Le cliché du joyeux-petit-gros n'est plus de mise. Les enfants souffrent de leur excès pondéral et se sentent défavorisés. Très souvent, même, ils sont rejetés par les autres enfants. Ils risquent alors de se replier sur eux-même et d'entrer dans un cercle infernal: "je suis gros et les autres se moquent de moi, donc je ne bouge pas; je préfère rester seul et occuper le vide que je ressens en mangeant, donc je grossis encore" etc.
L'obésité chez l'enfant et chez l'adolescent est associée à de nombreuses complications cardio-vasculaires, orthopédiques, psychologiques, respiratoires et métaboliques. Si les premières complications sont plutôt d'ordre psychologique, la maladie conduit également à l'apparition précoce de signes d'athéroscléroses au niveau des artères coronaires et de l'aorte.
L'obésité affecte également la mortalité et la morbidité à l'âge adulte. Le risque d'obésité à l'age adulte est augmenté chez un enfant obèse, particulièrement si l'obésité est présente à l'adolescence.
L'obésité durant l'adolescence peut également avoir des conséquences socio-économiques négatives. Les adolescents obèses se marient moins souvent, ont un niveau de scolarité plus faible et des revenus moins élevés.
Le traitement doit être multidisciplinaire. C'est toute la vie de l'enfant qui doit être prise en charge.
L'enfant est en période de croissance. Il faut lui apprendre les bonnes habitudes alimentaires, l'inciter à bouger davantage et à réfléchir à ses habitudes de vie.
Prendre les repas à heure fixe, faire la part belle aux fruits et légumes. Inviter l'enfant à se dépenser plus souvent. Il n'est pas question de devenir un champion du 200 mètres, mais de fournir un petit effort régulièrement: grimper les escaliers au lieu de prendre l'ascenseur, aller à l'école à pied, ranger sa chambre, jouer en plein air au lieu de regarder la télé, etc.
La famille doit s'impliquer et organiser des activités communes dans le but de partager du temps ensemble et pas pour perdre du poids. C'est une épreuve difficile qui nécessite beaucoup de soutien de la part de l'entourage.