Cliniques universitaires Saint-Luc

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Lettre d'information n° 48 - Novembre 2004

Les troubles anxieux

Dans le manuel américain de référence (DSM IV), les troubles anxieux regroupent les syndromes suivants: trouble panique, phobie simple (ou spécifique), phobie sociale, trouble obsessionnel compulsif et anxiété généralisée.

Palpitations, tremblements, souffle coupé, nausées, vertiges... Le trouble panique est fait d'attaques de panique imprévisibles et récurrentes. Elles peuvent aussi être déclenchées par des situations spécifiques à chaque patient (conduite d'un véhicule, courses dans un magasin bondé, etc..)

Les phobies simples (ou spécifiques) sont des peurs irraisonnées et excessives.
Elles ne nécessitent généralement pas de traitement, sauf si elles se compliquent de troubles paniques. La phobie se différentie de la peur par les mesures d'évitement et les comportements contra-phobiques qu'adopte le patient. La phobie la plus fréquente est celle des araignées.

Les individus atteint de phobie sociale ont peur de parler, de se montrer en public et d'être jugé négativement par les autres. Ce trouble se complique souvent d'alcoolisme car l'alcool désinhibe et met le phobique un peu plus à l'aise. Il ne faut pas confondre timidité et phobie sociale: plus le temps passe, plus le timide se sentira à l'aise; pour le phobique, c'est l'inverse.

Les troubles obsessionnels-compulsifs se caractérisent soit par des obsessions, soit par des compulsions. Certains ruminent et ne parviennent pas à se débarrasser de leurs idées obsédantes; d'autres répètent des actes qu'ils trouvent eux-mêmes idiot, mais n'arrivent pas à se contrôler: c'est plus fort qu'eux.

Le patient atteint d'anxiété généralisée est timide, craintif et pessimiste; il voit tout sous un mauvais angle et s'inquiète exagérément du moindre événement de la vie quotidienne. Il peut souffrir de troubles somatiques, digestifs, mauvais sommeil.

Les troubles anxieux touchent généralement plutôt les jeunes. A l'exception des troubles obsessionnels compulsifs et de la phobie du sang et/ou des injections, ils sont plus fréquents chez la femme que chez l'homme.

Par les médicaments et/ou une psychothérapie.
Le traitement habituel est médicamenteux, mais il faut faire preuve de vigilance. Les tranquillisants sont efficaces rapidement mais la dépendance physique se fait en 3 à 4 semaines. Il faut leur préférer les anti-dépresseurs qui ont eux aussi une bonne action sur l'anxiété.

Si le trouble panique est traité uniquement par médicaments, il y a 50 % de rechute. Associé à une psychothérapie, le taux de rechute est plus faible.
On peut aussi ajouter une approche physique: relaxation, kinésithérapie, mais les effets sont brefs et disparaissent rapidement dés la sortie de la salle de relaxation. La reprise du sport de manière autonome est une meilleure solution. Il a un effet positif sur le moral et l'organisme.

Le traitement optimal est donc l'association de médicaments, d'une psychothérapie et de sport, mais les troubles anxieux sont rarement diagnostiqués en tant que tels pour la bonne et simple raison qu'ils se manifestent souvent sous la forme de pathologies organiques.

Ce que les patients anxieux décrivent s'apparente le plus souvent à un trouble cardiaque (le coeur qui s'emballe), neurologique (vertiges ou crise de tétanie), gastro-entérologique (nausées) ou pneumologique (sensation d'étouffement). Cependant, quand les origines organiques sont écartées et le trouble anxieux diagnostiqué, les traitements donnent généralement de bons résultats.