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A l'origine du trouble olfactif, les spécialistes distinguent généralement deux types de cause: les causes périphériques et les causes centrales. Dans le premier cas, la molécule odorante ne parvient plus à stimuler l'épithélium olfactif situé dans la partie supérieure des fosses nasales et dans le second, c'est l'acheminement du message nerveux au niveau du cerveau qui fait défaut .
C'est ainsi que de nombreux tableaux cliniques peuvent être à l'origine de ce trouble neurosensoriel: des patients atteints d'une maladie inflammatoire au niveau des sinus ou d'une maladie dégénérative du cerveau. Ce peut être aussi des patients ayant subi un accident de la route avec contusion de la base du crâne ou encore des personnes ayant manipulé et respiré des substances toxiques.
Lorsqu'il s'installe progressivement, le trouble olfactif est parfois difficile à déceler. Lorsque la perte est brutale par contre, ce phénomène inquiète car il altère la qualité de vie, les plaisirs de l'alimentation et engendre chez le patient un stress lié àson incapacité de déclencher des réactions d'alerte (comme la détection d'une fuite de gaz par exemple).
Au cours de ces derniers mois, plusieurs techniques permettant de tester l'odorat sont apparues dans les services d'oto-rhino-laryngologie et de neurophysiologie des Cliniques. La première est une mesure semi-objective de l'odorat qui consiste à présenter au sujet des sticks odorants permettant d'avoir une idée sur le seuil olfactif des patients, sur leur capacité discriminatoire ainsi que sur leur aptitudes à identifier des odeurs différentes.
Référencé à un groupe de patients normaux, le clinicien peut estimer que le patient présente une perte totale de son odorat (anosmie), une perte partielle (hyposmie) ou au contraire que son odorat est considéré comme normal (normosmie). Parallèlement à ces tests dits psychophysiques de l'odorat, l'endoscopie naso-sinusienne et l'imagerie médicale apporteront une aide précieuse au spécialiste.
Par ailleurs, il est également possible d'obtenir, aujourd'hui, à Saint-Luc, une analyse objective de l'odorat au moyen des potentiels évoqués olfactifs et trigéminaux. Effectuée grâce à un olfactomètre, un stimulateur ingénieux et complexe, l'analyse de l'activité cérébrale (électroencéphalogramme ou EEG) et l'analyse des réponses obtenues en fonction de la stimulation (potentiels évoqués) permettront d'objectiver la perte ou non de l'odorat. Les applications de cette technique sont bien entendu cliniques, mais peuvent également intéresser la recherche fondamentale (neurophysiologie, neuro-psychologie, otorhinolaryngologie) ainsi que la médecine légale (expertise des troubles neurosensoriels après un accident de la voie publique). Actuellement, seules les Cliniques universitaires Saint-Luc possèdent ce type de stimulateur en Belgique.
L' olfactomètre permet de stimuler l'épithélium olfactif (potentiel évoqué olfactif) et la muqueuse nasale via la diffusion de substances odorantes. Assis face à l'appareil, le patient reçoit via un embout nasal, pendant vingt à quarante minutes, des odeurs à visée, soit purement olfactives (il s'agit souvent d'eau de rose sous la forme du 2-phenylethyl alcohol), soit sensitives (du gaz carbonique), avec à la clé des potentiels évoqués olfactifs et trigéminaux. Afin de mener à bien cet examen, le patient doit être détendu (et ne doit donc pas être perturbé par des éléments extérieurs).
Disponibles dès que l'analyse informatique est terminée (le lendemain de l'examen), les résultats indiquent si oui ou non le patient possède un odorat normal. Il n'est toutefois pas (encore) possible de conclure que tel sujet a un nez plus fin qu'un autre. L' olfactomètre ne permettra donc pas de repérer d'office de super-oenologues...