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La maladie de Lyme est causée par une bactérie, le Borrelia, transmise par les tiques. Le Borrelia est extraordinaire à plus d'un titre. Tout d'abord, il peut rester dans notre corps pendant plusieurs années (voire toute une vie) parce qu'il se divise très lentement et est donc peu sensible aux antibiotiques (les antibiotiques ne tuent les bactéries que dans la mesure où elles se multiplient). Très discret également, il provoque peu de réactions de défense quand il se promène dans notre organisme. En outre, le Borrelia possède peu d'antigènes sur sa surface ce qui ne stimule guère nos défenses immunitaires. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les anticorps apparaissent très tard (plusieurs mois après la piqûre), rendant pratiquement inutile un dosage d'anticorps pour détecter la maladie.
Au début de la maladie (soit quelques semaines environ après la piqûre de tique), le diagnostic est aisé car on remarque une tache rouge sur la peau autour de la piqûre; cette tache grandit lentement et s'efface parfois en son centre pour ne laisser qu'un anneau rouge sur la peau. Elle n'est pas gonflée, ne fait pas mal et ne chatouille pas.
Il ne faut pas confondre cette rougeur avec celle qui apparaît immédiatement après la piqûre de tique. Toutes les piqûres ne donnent en effet pas la maladie; il ne faut s'inquiéter que si l'on constate les premières rougeurs 48 heures après la morsure.
Le patient souffrant de la maladie de Lyme peut ressentir un état grippal qui se prolonge accompagné éventuellement de maux de tête, de douleurs articulaires ou de névrites (les microbes s'accumulent dans les vaisseaux sanguins qui irriguent les nerfs, les privent parfois d'oxygène et engendrent alors des douleurs comparables à une sciatique par exemple). Certaines personnes développent une paralysie transitoire du nerf facial ou une inflammation d'une articulation (souvent le genou).
Lorsque la maladie de Lyme est diagnostiquée, nous administrons des antibiotiques au patient. Ce traitement est efficace sur les symptômes, mais il arrive que le microbe persiste dans le corps de certains malades. Il ne faut pas nécessairement s'en inquiéter car notre corps abrite une multitude d'autres microbes qui ne nous affectent pas outre mesure. Ce sont les complications de l'infection qu'il faut traiter, pas la présence du microbe.
Lorsque vous vous promenez en forêt ou dans la nature, veillez à rester dans les allées tracées et à ne pas vous frotter aux herbes hautes. Si vous sortez des sentiers battus, ne vous promenez pas jambes nues, portez un pantalon. De couleur claire de préférence pour pouvoir repérer une tique et la retirer du vêtement.
Si malgré toutes vos précautions la bestiole a élu domicile sur votre épiderme, vous avez 24 heures pour agir avant qu'elle ne vous transmette la maladie de Lyme. Pour l'ôter, utilisez une pince spéciale (vendue en pharmacie) ou une pince à épiler aux bords recourbés. Glissez l'outil sous l'acarien et effectuez une rotation puis tirez délicatement.
Si la tique a eu le temps de piquer, je préconise la "méthode de l'agenda"; elle consiste à surveiller tous les huit jours l'endroit de la piqûre (pendant plusieurs semaines) et à guetter l'apparition d'une rougeur; s'il y a rougeur, il faut évaluer l'évolution de la tache pour voir si elle s'étend. Il convient de rester vigilant pendant plusieurs semaines et si la tache grandit, n'hésitez pas à consulter un spécialiste.