Cliniques universitaires Saint-Luc

Cliniques universitaires Saint-Luc

Lettre d'information n° 69 - Novembre 2006

Forum de la dépression: dialoguer pour mieux soigner

Le terme dépression est utilisé autant pour la vraie maladie que pour le simple coup de blues. La vraie dépression se caractérise par des troubles graves de l'humeur (manque d'énergie, manque d'envie de faire des choses, absence d'élan vital) qui peuvent parfois conduire au suicide. Les symptômes sont aussi physiques: troubles du sommeil, de l'appétit, de la concentration, troubles cognitifs, etc. Les mécanismes sont très compliqués: il y a interaction entre le corps, le cerveau et l'environnement. Certains personnes peuvent présenter une fragilité de base et seront plus influencées par les évènements de la vie. La dépression affecte non seulement tout le corps mais aussi tous les aspects de la vie du malade: vie sociale, vie économique (absentéisme), vie de couple, etc.On constate une augmentation des dépressions, mais le débat est ouvert: l'augmentation est-elle réelle ou la dépression est-elle actuellement mieux détectée ?

Oui, en partie. La dépression est aussi un phénomène sociétal. Beaucoup de choses ont changé ces cinquante dernières années: éclatement du noyau familial, perte de repères et de valeurs, course à la performance. L'individualisme renvoie l'homme à lui-même. Ce climat peut être propice à la dépression.

En cas de dépression grave, oui. Dans les cas modérés, la question reste ouverte. Dans tous les cas, un traitement psychologique est souhaitable. Certains patients trouvent parfois la guérison dans un cheminement spirituel en changeant de valeurs et de priorités.

Les prescriptions d'antidépresseurs sont trop importantes et "déséquilibrées". Terré dans le fond de son lit, sans volonté de consulter un médecin, le dépressif grave n'est généralement pas assez traité. Par contre, le modéré recourt trop vite aux médicaments.

Ils agissent sur les neurotransmetteurs (substances produites par les neurones) en restaurant les mécanismes physiologiques qui n'existaient plus. Leurs effets sont visibles après 3 à 4 semaines de traitement. Contrairement aux somnifères et tranquillisants, les antidépresseurs soignent les causes de la maladie (traitement étiologique) et n'entraînent pas de dépendance.

Ils doivent faire preuve de tolérance, de soutien et de compréhension. Se soucier est une bonne chose, mais il faut aller au-delà. Par exemple: faire la démarche de la première consultation avec le dépressif. Il est important d'intervenir rapidement car, avec le temps, la situation va s'empirer et le dépressif passera des mois avant d'aller mieux.

S'interrogeant sur la manière de diffuser les connaissances relatives aux neurosciences dans le grand public, la Fondation Roi Baudouin à développé une méthodologie qui réunit professionnels de la santé et grand public. Elle a pour but de partager les savoirs respectifs, en relever les recouvrements et faire ressortir les incompréhensions qui peuvent générer des problèmes de santé publique.

C'est dans cette optique que la ligue de la dépression organise cette journée de rencontre. Les participants seront invités à s'exprimer sur des questions essentielles touchant au vécu de la dépression. Leurs opinions seront synthétisées par des médiateurs indépendants (journalistes santé) et débattues avec les professionnels de la santé. Ce forum permettra de croiser les savoirs du public et des professionnels, d'échanger les points de vue et de développer le dialogue, dans un seul objectif: mieux soigner.

En savoir plus