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Le Service des soins intensifs n'avait pas connu de rénovation majeure depuis l'ouverture des Cliniques universitaires Saint-Luc, en 1976. A cette époque, le Service avait été conçu selon une logique purement technique pour des séjours courts après une intervention chirurgicale, sans prise en compte de l'humanisation des soins qui fait désormais partie des priorités de l'hôpital.
Au fil des ans, avec l'augmentation de l'activité et l'évolution des pathologies et des techniques de soins, trois problématiques ont rendu les travaux incontournables: pas assez de lits, manque d'espace et d'intimité pour les patients et les familles.
Le chantier se déroule en deux phases.
Les nouveaux Soins intensifs sont situés au niveau -1. La zone de 2300 m2 comprend: l'unité intensive de pédiatrie (10 lits) et deux unités pour adultes (10 et 14 lits), ainsi qu'un espace d'accueil pour les familles.
Chaque unité est agencée de la même manière: les chambres des patients sont privées et agrémentées, pour la plupart, d'une fenêtre. Deux chambres d'isolement avec sas et contrôle de pression permettent d'accueillir des patients infectieux ou immunodéprimés.
Toutes les chambres entourent le bureau des médecins et des infirmier(ère)s pour garder un contrôle visuel sur les patients. Celles qui sont situées hors du champ de vision sont équipées de caméras de surveillance.
Le côté "aveugle" de l'unité est occupé par les locaux administratifs et logistiques.
Chaque unité constitue une entité autonome avec sa salle de repos, ses bureaux, etc.
Le bien-être du patient a guidé le projet puisqu'un maximum de lumière et d'espace ont été réservés aux patients.
Le personnel n'a pas été oublié puisque, dès le début du chantier, des groupes de travail ont été mis sur pied. Objectif: prendre l'avis de tous les utilisateurs (médecins, personnel de soins, techniciens, etc.) pour répondre, dans la mesure du possible, à leurs besoins.
Les installations techniques répondent aux normes les plus strictes et intègrent les dernières technologies, notamment en matière de climatisation et de gestion technique centralisée. Les alimentations et les réseaux électriques, informatiques et de gaz médicaux sont dédoublés et garantissent une sécurité maximale.
Pour aider les patients à conserver la notion du temps, un système d'éclairage suivant le rythme jour-nuit équipe chaque chambre. La luminosité augmente graduellement jusqu'à midi puis décline et la pénombre s'installe en soirée et pour la nuit.
Des sources lumineuses ornent le bas des murs pour que les infirmières puissent prodiguer les soins de nuit sans allumer le plafonnier.
Autre originalité: la programmation musicale. Huit programmes musicaux spécialement étudiés pour leurs effets apaisants (stress, douleur, cauchemars) sont proposés au patient. Des cette manière, ils entendront moins les bruits ambiants. De plus, l'effet anxiolytique de la musique pourrait également entraîner une consommation moindre d'antalgiques.
Pour une hygiène maximale, toutes les surfaces des chambres sont affleurantes ; il n'y a aucune aspérité favorisant l'accumulation de la poussière.
Une dessinatrice de livres pour enfants a décoré l'unité pédiatrique sur le thème du "Tour du monde". Chaque chambre est décorée dans l'une des couleurs de l'arc-en-ciel. Pour les adultes, la couleur vert-bleu a été choisie pour sesvertus apaisantes.
Tout au long des travaux effectués à l'étage -1, le personnel a continué à soigner les patients à l'étage inférieur, dans de bonnes conditions. Ce ne fut pas tous les jours facile en raison de nombreux défis techniques et des aléas de chantier, mais les patients n'en ont pas souffert. Et c'est certainement grâce à la qualité du travail du Département technique qui a montré un souci constant pour le bien-être du patient et du personnel.
Aux Soins intensifs, la durée moyenne de séjour est de 5,2 jours. 25% des patients restent 24 heures, 50% restent de 1 à 5 jours, 17% séjournent de 6 jours à 3 semaines et près de 5% plus de 3 semaines. Certains patients y passent plusieurs mois.