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Certaines circonstances peuvent ralentir la circulation veineuse ou modifier la coagulation sanguine. Ces phénomènes peuvent entraîner la formation d'un caillot sanguin habituellement dans une veine profonde d'un membre inférieur. Il peut se détacher et être emporté par la circulation veineuse jusqu'au niveau des vaisseaux pulmonaires où il provoque une embolie pulmonaire. La sévérité des manifestations cliniques va dépendre de la taille de l'embolie pulmonaire et de l'état cardio-respiratoire préalable du patient. Sans traitement, le décès peut survenir. Environ une à deux personnes sur mille développent chaque année une complication thromboembolique, parmi lesquelles 60 % de femmes.
Il s'agit le plus souvent de douleurs dans la poitrine couplées à des difficultés respiratoires. Le risque d'embolie pulmonaire est également lié à l'apparition d'une thrombose veineuse profonde qui peut se manifester par une douleur ou un gonflement unilatéral d'un membre inférieur. Il arrive aussi que l'embolie pulmonaire soit totalement asymptomatique.
Il s'agit tout d'abord d'identifier les personnes à risque. Certaines situations peuvent être délicates: l'immobilisation dans un contexte d'infection grave, de décompensation cardiaque ou de cancer. Certaines interventions chirurgicales ou traitements hormonaux comportent également des risques ainsi que la grossesse et le post-partum ou encore l'immobilisation plâtrée au niveau d'un membre inférieur. Sans oublier l'obésité...
Face à une suspicion d'embolie pulmonaire, la démarche diagnostique débute par une évaluation clinique soigneuse: recherche d'antécédents personnels et familiaux, évaluation des facteurs de risque éventuels, détection des symptômes et des signes objectifs (essoufflement inhabituel, douleur thoracique, crachats de sang, toux inexpliquée). Des examens complémentaires (en imagerie) sont également effectués de manière systématique.
Les patients sont traités par des anticoagulants destinés à ralentir la coagulation sanguine. Le traitement débute par l'administration d'héparine par voie sous-cutanée, relayée par des anti-vitamine K pris par voie orale. L'administration de ces médicaments impose un suivi relativement contraignant et fastidieux, qui nécessite une adaptation plus ou moins fréquente des doses; les anti-vitamines K présentent également des interactions multiples avec d'autres médicaments et avec l'alimentation.
Les traitements, en cours de préparation, ont tous un point commun: simplifier l'administration par un dosage fixe. Ils seront administrés par voie sous cutanée (à raison d'une injection par semaine) ou par voie orale (une prise quotidienne). Dans les deux cas, les doses seront fixes et ne nécessiteront donc pas d'adaptation posologique. Ces nouveaux traitements devraient être disponibles au plus tôt dans trois ans environ, en fonction de l'avancement de la recherche clinique.
L'évaluation et le traitement de ces pathologies sont réalisés par une équipe pluridisciplinaire unissant les compétences du Service des urgences (très attentif à cette pathologie), de la radiologie (pour le scanners et l'échographie) et des spécialistes de médecine interne (pour l'adaptation et le suivi du traitement). Une infirmière ressource a également été formée pour encadrer les patients dans la gestion dans leur traitement anticoagulant.
Le Service de médecine interne effectue par ailleurs de nombreuses recherches cliniques en collaboration avec les Urgences, dans le but d'améliorer le diagnostic et les traitements.
(Propos recueillis par XL)