Cliniques universitaires Saint-Luc

Cliniques universitaires Saint-Luc

Lettre d'information n°87 - Juillet 2009

La phobie de l'avion

La phobie de l'avion: panique à bord!

On peut véritablement parler de phobie lorsqu'il y a notion d'évitement. Par exemple, une personne qui va systématiquement monter à pied les neuf étages de la tour principale des Cliniques Saint-Luc par peur de l'ascenseur souffre d'une phobie: elle évitera l'ascenseur à tout prix.
Dans le cas de la phobie de l'avion, il s'agit de personnes qui sont prêtes à tout pour éviter les déplacements par avion, même si cela a des conséquences sur leur vie professionnelle ou privée. L'anxiété précède par anticipation la perspective d'un vol et peut être ressentie à la seule évocation de ce dernier.

Chez certaines personnes, la phobie peut se déclencher dès la première expérience ou plus tard ; chez d'autres, elle survient suite à un événement, par exemple d'importantes turbulences, ou non. Il s'agit, le plus fréquemment d'une peur de perdre le contrôle qu'implique spécifiquement cette situation et/ou une peur d'être bloqué dans un lieu clos.
En fonction du patient, la phobie de l'avion peut être isolée ou trouver son origine dans un trouble anxieux plus large.

Geneviève Cool

La phobie peut concerner la perspective d'un vol voire un simple contact avec un avion (ou "l'objet phobogène"). Si certaines personnes éviteront les voyages aériens, d'autres parviendront à monter dans un avion, même si cela représente pour elles un véritable moment d'angoisse. La phase précédant le vol sera difficile et redoutée, les patients phobiques y penseront beaucoup et rumineront sans cesse ce moment.
Pourtant, la plupart des personnes qui souffrent d'une phobie de l'avion sont tout à fait conscientes du côté irrationnel de leur peur, mais c'est tout simplement plus fort qu'elles!

Ce sont les symptômes d'une attaque de panique: transpiration abondante, mains moites, palpitations cardiaques, sentiment de malaise physique, nausées, oppression thoracique, hyperventilation... Parmi ces symptômes, la sensation de vertige peut augmenter l'angoisse en donnant physiquement l'impression que l'avion tombe.

Souvent, elle est associée à la phobie des ascenseurs, des tunnels, du métro et parfois même des embouteillages, qui donnent le sentiment d'être véritablement coincé.

Si pour certaines personnes la prise d'un anxiolytique ponctuel avant le vol suffit, pour d'autres une prise en charge psychothérapique peut s'avérer utile. Plusieurs approches sont possibles, soit une approche spécifique, centrée sur la désensibilisation et la gestion du stress, soit une thérapie plus globale s'intéressant à la place de la phobie dans la vie de la personne. Il est important alors de trouver d'où provient plus précisément cette angoisse, de comprendre ce qu'elle représente et ce qu'elle exprime. La place d'une telle phobie sera différente dans la vie de chacun, notamment selon les circonstances qui nous amèneront à prendre l'avion.
Il s'agit d'un travail de réflexion, de compréhension, d'élaboration par la parole.
Certaines compagnies aériennes organisent également des programmes de désensibilisation et des ateliers "phobie de l'avion" qui consistent à informer sur le fonctionnement d'un avion et à apprendre à la personne à gérer son angoisse.

Je leur conseillerais tout d'abord de partir dans de bonnes conditions: être reposé, avoir passé une bonne nuit la veille du départ. Partir dans une situation de stress ou en étant peu reposé est néfaste car la peur peut prendre une plus grande ampleur. Evitez l'alcool, qui peut entrainer de l'angoisse, distrayez-vous plutôt en lisant un livre agréable ou en écoutant de la musique. Pensez à bien respirer pour vous relaxer.