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La perfusion du foie isolé en vue d'une transplantation a été un des projets phares du laboratoire pendant les années 60. L'étude approfondie de la physiopathologie et de la tolérance du foie à l'ischémie froide et chaude ont permis aux chirurgiens de notre université d'être parmi les pionniers de la transplantation hépatique chez l'animal et puis chez l'homme. En 1967, le chien Samba survivait en effet après une allogreffe de foie pendant de nombreux mois. La première greffe hépatique chez l'homme a ainsi pu être réalisée en 1969 aux cliniques Saint-Pierre à Louvain, ce qui était une première en Europe continentale.
Dans le même ordre d'idées, toujours à la fin des années 60, une première greffe de coeur fut réalisée avec succès sur un veau appelé Rebecca. L 'équipe qui avait réussi cet exploit fut reçue par le Premier Ministre de l'époque, Paul Van den Boeynants. L'évènement a été immortalisé par une photo parue dans Paris Match !
Dès la fin des années 60, les premières greffes de rein étaient effectuées chez l'homme grâce à l'appareil de Belzer, un outil sophistiqué permettant de perfuser " ex-vivo " les reins humains. C'est au laboratoire de chirurgie expérimentale que cette technique fut mise au point pour conserver les reins durant la période de déconnexion vasculaire s'étendant entre le moment du prélèvement sur le donneur et la re-connexion chez le receveur.
Conçu et réalisé au sein du laboratoire au début des années 80, un prototype de pancréas artificiel contribua à une meilleure connaissance de la physiopathologie et du contrôle de la glycémie chez les patients diabétiques. En chirurgie humaine, le pancréas artificiel a permis de réaliser une chirurgie de pointe dans le domaine des tumeurs pancréatiques à insuline appelées insulinomes.
En 1985, la première xénogreffe rénale de porc à singe ayant survécu 23 jours a démontré qu'un rein de porc pouvait assurer une fonction rénale correcte chez un primate ce qui a re-dynamisé la recherche mondiale dans le domaine de la xénogreffe chez l'homme. Quinze ans après, les mécanismes immunologiques impliqués dans les xénogreffes discordantes sont élucidés et des animaux transgéniques sont produits pour étudier la possibilité de pallier au manque d'organes humains.
L'étude de la régénération hépatique, c'est-à-dire de la récupération après une agression chirurgicale, toxique ou virale, constituait un projet important au laboratoire. Au début des années 90, le laboratoire a contribué pour une large part à la mise au point d'une méthode non invasive d'évaluation de la régénération hépatique au moyen de la caméra à positrons.
En 1999, la démonstration dans un modèle porcin a été faite qu'une tolérance immune à une allogreffe de foie pouvait être induite au travers d'une incompatibilité tissulaire semi-identique, ce qui mime la greffe d'un parent à son enfant. C'est ainsi que des porcs ont pu survivre plus de deux ans sans aucune immunosuppression après les quinze premiers jours de la greffe avec une fonction hépatique normale . Ces résultats représentent un tournant majeur dans la manière de considérer la transplantation d'organes dans le futur, puisqu'une immunosuppression transitoire permet d'obtenir une tolérance immune tout à fait spécifique à l'antigène présenté par le greffon tout en maintenant une défense immune intacte contre les autres antigènes tissulaire, bactérien ou viral.