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Responsable: Pr D. Manicourt
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L'arthrose est la plus fréquente des maladies articulaires. Elle touche toutes les articulations, mais préférentiellement le rachis, les mains, les genoux et les hanches. Ses facteurs favorisants sont héréditaires, métaboliques et biomécaniques. Bien que sa prévalence radiologique générale dépasse 50% chez les adultes, sa prévalence symptomatique est de l'ordre de 15% du fait de son évolution douloureuse variable, caractérisée par des accès aigus survenant sur un fond chronique entrecoupé par des périodes d'indolence. L'intensité de la douleur ne reflète pas nécessairement la gravité de la dégradation articulaire: certaines arthroses patentes radiologiquement sont indolores et, à l'inverse, certaines arthroses des plus minimes radiologiquement peuvent être très douloureuses. La raideur, les instabilités et les déformations n'apparaissent que tardivement. Les aspects cliniques de la maladie sont donc nombreux, depuis une simple raideur articulaire non douloureuse jusqu'à une articulation déformée et fort douloureuse.
L'introduction du dosage de marqueurs biochimiques dans les liquides biologiques (sang, urines et/ou liquide synovial) ainsi que les progrès réalisés en imagerie médicale (résonance magnétique ou IRM, arthro-scanner, scintigraphie osseuse avec tomographies, échographie) permettent une analyse plus fine de la structure et/ou de l'activité métabolique des constituants de l'articulation (cartilage, synoviale, os sous-chondral, tendons et ligaments). L'utilisation de ces nouvelles approches au cours de l'histoire naturelle de la maladie a permis de démontrer que l'altération métabolique et structurale de chacun des constituants de l'organe articulaire contribue de manière variable à la gravité de la symptomatologie clinique et de la destruction articulaire. Ainsi, par exemple, la douleur peut résulter d'un œdème de l'os sous-chondral et/ou d'une inflammation de la synoviale, des tendons et/ou des ligaments tandis que la majoration du remodelage de l'os sous-chondral est un facteur prédictif péjoratif de la dégradation articulaire.
C'est pourquoi, la Clinique de l'arthrose fait appel à ces examens complémentaires afin de préciser non seulement le stade de la maladie, mais aussi et surtout la nature des constituants articulaires qui doivent être ciblés par les moyens thérapeutiques médicamenteux et non pharmacologiques (éducation, physiothérapie, rééducation). Le collaborateur chirurgical varie selon la topographie de l'articulation malade (genou, hanche, main, rachis) et l'utilité d'une éventuelle intervention chirurgicale est toujours discutée avec le spécialiste concerné en présence du patient. La thérapeutique est donc loin d'être simple et univoque.
Notre approche multidisciplinaire est mise à profit pour développer sur le plan européen des nouveaux moyens médicamenteux (modulateurs du remodelage osseux, inhibiteurs enzymatiques, inhibiteurs de cytokines) permettant d'améliorer le confort et la qualité de vie de patients souffrant d'une maladie fréquente qui a été trop longtemps négligée par la recherche fondamentale et clinique.