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Création d’un centre de protonthérapie dans la lutte contre le cancer

La KU Leuven et l’Université catholique de Louvain (UCL) investissent dans un tout nouveau centre de protonthérapie; et ce avec le soutien de l’hôpital universitaire de Gand (UZ Gent). La protonthérapie s’est avérée prometteuse au cours des dernières années dans la lutte contre le cancer chez les enfants et les tumeurs du système nerveux central. Le nouveau centre de protonthérapie sera installé sur le campus “Gasthuisberg” de l’UZ Leuven (Hôpital universitaire de Louvain) et exploité conjointement par des équipes d’UZ Leuven et des Cliniques universitaires Saint-Luc.

Environ 50% des patients atteints de cancer sont actuellement traités par radiothérapie. Malgré les importants progrès enregistrés par ce type de traitement au cours des dernières années, de faibles doses de rayonnement continuent à atteindre des tissus sains autour de la tumeur. La protonthérapie peut offrir une solution : le rayonnement par protons peut en effet être orienté de façon plus précise et de la sorte épargner les tissus sains. Dans les pays voisins, la protonthérapie peut dès lors compter sur le soutien des pouvoirs publics. En Belgique, cette forme de traitement pourrait concerner de 150 à 200 patients par dix millions d’habitants. Plus la recherche en matière de protonthérapie évoluera, plus cette technique sera sans doute appelée à concerner un nombre de plus en plus élevé de patients.

La KU Leuven et l’UCL vont investir 40 millions d’euros dans un nouveau centre de recherche et de traitement par protonthérapie. Les deux universités pourront compter sur le soutien de l’UZ Gent et la collaboration d’un partenaire industriel. Des chercheurs et des experts du monde de l’industrie collaboreront dans le nouveau centre en vue de nouveaux développements dans les traitements par proton et carbone.

Le centre de protonthérapie sera non seulement ouvert aux médecins de l’UZ Leuven, des Cliniques universitaires Saint-Luc (UCL) et de l’UZ Gent mais aussi aux spécialistes des autres hôpitaux universitaires ou non-universitaires invités à participer au projet afin d’offrir cette perspective de traitement à leurs patients. Les traitements se feront toujours en étroite concertation avec les médecins concernés. Grâce aux développements rapides des technologies de l’information, la préparation des traitements pourra se faire partiellement à distance.

Les spécialistes des Cliniques universitaires Saint-Luc et de l’UZ Leuven prendront en charge le fonctionnement du centre de protonthérapie. Le centre sera installé sur le campus “Gasthuisberg” de l’UZ Leuven, à proximité du “Leuvens Kankerinstituut” (Institut du cancer de Louvain). Celui-ci accueille chaque année plus de 5 000 nouveaux patients ce qui en fait le plus grand centre de traitement du cancer en Belgique et un centre de référence international, tout comme l’est le Centre du Cancer des Cliniques universitaires Saint-Luc en Belgique francophone.

La protonthérapie : spécificités et avantages

Comme dans les autres pays européens, le cancer est devenu, en Belgique, la principale cause de décès. On estime qu’en 2015, quelque 70 000 cas seront détectés en Belgique. La radiothérapie avec photons (rayons X) est aujourd’hui une des principales méthodes de thérapie : utilisée seule ou combinée à d’autres modalités (chirurgie et/ou chimiothérapie), elle est créditée de la guérison de la moitié des patients atteints du cancer. Cependant, malgré de nombreux progrès techniques, trop de patients souffrent encore de récidive de la tumeur et d’effets secondaires permanents. Dans certains cas, la présence de tissus sains environnant la tumeur rend le traitement difficile et/ou risqué pour la qualité de vie future du patient.

La protonthérapie – ou radiothérapie par faisceaux de protons – est une technique particulière qui permet d’augmenter la dose délivrée dans la tumeur, tout en réduisant la dose libérée dans les tissus sains qui l’environnent, réduisant ainsi les dommages collatéraux du traitement et les récidives. Le proton délivre en effet la dose de façon tout à fait spécifique : il s’arrête dans la matière selon son énergie (plus l’énergie est élevée, plus la pénétration est profonde) et l’essentiel de la dose est déposé dans les derniers millimètres de la trajectoire. La répartition de la dose en fonction de la profondeur montre un pic étroit en fin de trajectoire (appelé le pic de Bragg).

D’un point de vue clinique, le recours à la protonthérapie dans les autres pays européens montre que cette technique est particulièrement indiquée pour le traitement du cancer chez l’enfant et de certains cancers rares chez l’adulte pour lesquels les solutions actuelles ne sont pas satisfaisantes (tumeurs à la base du crâne, proches de la colonne vertébrale ou tumeurs proches du nerf optique par exemple). Outre une meilleure protection des tissus sains, l’avantage majeur concerne la diminution du risque de provoquer un second cancer.

Actuellement, les patients concernés doivent se rendre à Paris, à Essen ou Heidelberg en Allemagne ou à Villingen en Suisse pour bénéficier de ce type de traitement.