Lettre d'information n° 32 - 27 juin 2003

Le syndrome de la classe économique

Il s'agit d'un accident thromboembolique veineux: le sang stagne anormalement dans certaines portions du réseau veineux des membres inférieurs et perd de sa fluidité, avec le risque qu'un caillot se forme à l'intérieur de la veine. Ce caillot peut entraîner deux types de manifestations: la naissance d'une douleur, comme une crampe musculaire tenace, souvent située au niveau du mollet; et la formation d'un oedème, c-à-d un gonflement des tissus du membre. Dans la majeure partie des cas, les symptômes ne sont pas aussi manifestes et plus d'un cas sur deux reste complètement silencieux.

L'expression "syndrome de la classe économique" est née à la suite à de décès inopinés survenant à l'issue d'un vol long courrier. Dans ces circonstances en effet, plusieurs conditions sont réunies pour le développement d'une thrombose veineuse. Le voyageur est immobilisé en position assise pendant plusieurs heures. Etant donné que l'intervalle entre les rangées de sièges dans la classe économique des avions est particulièrement réduit, les passagers y ont moins de place pour étendre leurs jambes; cette position recroquevillée complique le retour veineux au niveau des membres inférieurs, et augmente dès lors le risque de formation de caillots.

Non, cela peut également se produire en train ou en voiture. Mais en avion, les risques sont accrus, car, en plus de l'immobilisation forcée (vous ne pouvez pas vous arrêter et sortir vous dégourdir les jambes...), on se trouve exposés à la déshydratation et à une moindre oxygénation des tissus, en raison de l'air conditionné très sec et appauvri en oxygène.

Il faut réaliser que prendre l'avion, c'est passer en un clin d'oeil à 2400 m d'altitude. Certains le supportent moins bien que d'autres.

Les cas mortels sont liés à l'apparition d'une embolie pulmonaire massive.

Si une partie ou la totalité du caillot veineux se détache, il migre vers la circulation pulmonaire: c'est l'embolie . Selon sa taille, il va obstruer la circulation sanguine dans un territoire plus ou moins large, entravant ainsi les échanges gazeux.

Dans les cas les plus graves, la personne peut perdre connaissance et des embolies massives peuvent entraîner un décès brutal. Chaque année, on compte plusieurs cas, même si la fréquence exacte est difficile à définir. Certaines personnes peuvent y être plus exposées, parce que souffrant d'insuffisance veineuse, d'autres pathologies favorisantes ou d'anomalies de la coagulation. Par exemple, le fait d'être porteur d'un cancer ou d'avoir subi récemment une opération importante doit être considéré comme un facteur de risques. Mais l'accident peut concerner tout le monde.

Dans les jours, voire les semaines qui suivent, certaines personnes ressentent une douleur au niveau de la jambe ou du thorax. La douleur thoracique s'intensifie en respiration forcée et s'accompagne souvent d'un essoufflement inhabituel. Il arrive également que le sujet crache du sang ou soit victime d'une syncope. Face à tous ces signes, le patient doit consulter immédiatement son médecin.

Tout à fait. Quiconque prend l'avion doit veiller à s'hydrater suffisamment: il faut boire beaucoup d'eau avant et pendant le voyage et éviter l'alcool, ainsi que l'abus de boissons diurétiques, comme le café. De plus, il est important de faire de petits mouvements de gymnastique avec les pieds (quelques pas dans l'allée centrale, à intervalle régulier), afin d'activer la circulation.

Les personnes à risques sont encouragées à porter des bas de contention, qui empêchent le gonflement des jambes et la stagnation du sang. Dans les cas les plus préoccupants, les médecins iront jusqu'à prescrire un médicament, avant le départ et pendant deux ou trois jours après.

Consultations

Consultations maladies thromboemboliques veineuses
Pr Philippe Hainaut
Tel: 02 764 10 39