Lettre d'information n° 63 - Mars 2006

Les hémorroïdes sans tabou

Les hémorroïdes, tout le monde en a entendu parler mais rares sont les personnes qui savent précisément de quoi il s'agit. "Il est important de préciser que tous les problèmes situés dans la région anale ne sont pas des hémorroïdes", note Olivier Dewit, gastroentérologue à Saint-Luc. "Bon nombre de patients qui se plaignent de douleurs, de pertes de sang rouge et/ou de gonfement croient souffrir d'hémorroïdes". D'autres pathologies comme les fissures anales ou les abcès peuvent également donner ce type de symptômes.

Les hémorroïdes sont des vaisseaux sanguins présents chez tout le monde. "Ce n'est que lorsque des symptômes surviennent que l'on parle de maladie hémorroïdaire", précise Olivier Dewit. Il faut distinguer deux catégories d'hémorroïdes: les hémorroïdes internes et les hémorroïdes externes. Les hémorroïdes internes, situées dans la partie anorectale (interne) du canal anal, sont des vaisseaux pouvant être à l'origine de pertes de sang rouge vif et peuvent s'extérioriser parfoislors de l'effort de poussée. Elles ne sont généralement pas douloureuses. A l'inverse, les hémorroïdes externes (les veines situées dans la portion cutanée du canal anal) sont plus souvent responsables de douleurs et de gonflement. Il s'agit d'un hématome péri-anal avec gonflement, mais sans perte sanguine. Ce type de problème est fréquent après un accouchement ou chez les personnes constipées.

Pour soigner les hémorroïdes internes, les gastroentérologues ont recours, en fonction de l'importance de l'affection, à des traitements locaux (suppositoires), à des ligatures élastiques ou à la chirurgie (résection des paquets hémorroïdaires). Cette dernière technique est plus rare et ne concerne que 10 à 15% des patients souffrant d'hémorroïdes internes.
L'hématome péri-anal se résorbe spontanément sans intervention médicale. Pour soulager le patient, le médecin peut prescrire des anti-douleurs, voire quelques soins locaux. Si la douleur est intenable, il pratiquera une incision après anesthésie locale pour retirer le caillot de sang qui s'est formé sous la peau.
Ces pathologies hémorroïdaires sont bénignes et sont à distinguer de l'abcès, seule véritable urgence proctologique nécessitant une prise en charge rapide pour éviter une infection généralisée susceptible d'endommager les sphincters (avec un risque ultérieur d'incontinence).

Contrairement à ce que l'on pourrait croire les pathologies anales se rencontrent à tout âge sans que l'on retrouve toujours un facteur favorisant. En ce qui concerne la maladie hémorroïdaire, les seuls conseils que l'on puisse donner sont d'éviter la constipation et de ne pas rester assis trop longtemps aux toilettes.

Source: BIC n°116