Lettre d'information n° 76 - Août 2007

Le soleil n'est peut-être pas votre ami

Le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres. Cette année, les personnes souffrant d'allergie au soleil se réjouissent sans doute du temps maussade qui s'est abattu sur notre pays depuis le mois de mai. Pour elles, le soleil est un cauchemar synonyme de rougeurs disgracieuses et de démangeaisons parfois insupportables.

S'il n'existe aucun traitement définitif pour en guérir, il est possible de prévenir l'allergie solaire et de soulager les éruptions cutanées lorsqu'elles surviennent. Le Dr Liliane Marot, Chef du Service de dermatologie des Cliniques universitaires Saint-Luc fait le point sur la question.

Ce terme très général désigne en réalité trois types de réactions différentes.

Lucite
  • La lucite estivale bénigne

    C'est la plus fréquente et la plus banale des allergies solaires. Elle survient surtout chez la femme (80%) entre 20 et 35 ans, indépendamment du phototype. Plus rarement, elle peut aussi s'observer chez l'enfant.
    Elle apparaît moins de 12 heures après l'exposition au soleil et se présente sous forme de petites papules (boutons) rouges ou de vésicules au niveau du décolleté, sur les épaules, sur le côté exposé des membres, au dos des mains et des pieds mais jamais sur le visage. Elle s'associe à des démangeaisons intenses qui disparaissent en une dizaine de jours à condition de ne plus s'exposer au soleil.
    Bonne nouvelle: l'intensité de l'éruption diminue au fil des expositions et disparaît avec l'apparition du bronzage.

  • La lucite polymorphe

    Elle peut débuter à tout âge et touche tant les femmes que les hommes, quel que soit leur phototype.
    La lucite polymorphe survient au printemps, dès les premiers rayons du soleil, par beau temps ou ciel couvert, voire au travers des vitres.
    La durée de l'exposition déclenchante varie d'un quart d'heure à quelques heures, mais l'éruption n'apparaît qu'après 12 à 24 heures. Elle atteint le visage, en particulier le front, l'arête nasale, les pommettes, le menton et la nuque, mais aussi le dos des mains et des pieds.
    La lucite polymorphe disparaît si on ne s'expose plus au soleil, mais réapparaît à chaque nouvelle exposition. Ce type d'allergie est chronique et revient chaque année avec une tendance à s'aggraver.

  • L'urticaire solaire

    C'est une variété d'urticaire déclenchée par les UVB et les UVA. Elle survient uniquement chez la femme, entre 20 et 40 ans, et siège sur les parties du corps habituellement couvertes, mais découvertes pendant les vacances (décolleté, bras, jambes).
    L'éruption urticarienne apparaît après 15 minutes d'exposition au soleil et s'accompagne de sensations de brûlures et d'engourdissement ou de picotements. Si l'exposition est importante, cela peut même aller jusqu'à des maux de tête et des vertiges, voire une sensation de malaise. L'éruption peut s'étendre aux zones couvertes par des vêtements légers.
    Elle disparaît en quelques heures dès que la personne se met à l'ombre.
    Ce type d'urticaire évolue pendant plusieurs années mais la sensibilité finit par disparaître spontanément.

La solution la plus radicale est bien évidemment de ne pas s'exposer au soleil. Si ce n'est pas possible, il est alors vivement conseillé de porter des chapeaux à larges bords qui protègent le visage et des vêtements en tissage serré pour empêcher la lumière de passer au travers du tissu.

Les produits anti-solaires sont peu efficaces contre les allergies solaires. Ils sont malgré tout nécessaires pour lutter contre le vieillissement de la peau et l'apparition de cancers cutanés. Ils doivent être choisis avec filtres UVA/UVB et un indice de protection élevé (supérieur à 30).

Pour les formes d'allergies sévères, il est conseillé de protéger les vitres de la maison par un film plastique.

Il convient également de consulter un dermatologue car il existe des traitements pour prévenir l'allergie solaire ou atténuer l'éruption lorsqu'elle survient:

  • La photothérapie augmente les défenses naturelles de la peau (pigmentation et épaisseur) et diminue les réactions de défense de l'organisme contre le soleil. Cette technique est efficace, mais nécessite un traitement d'entretien pour maintenir la tolérance acquise.
  • Certains médicaments (les caroténoïdes, les antipaludéens de synthèse, etc.) peuvent également être efficaces. Les antihistaminiques sont surtout indiqués en cas d'urticaire solaire.

Que vous soyez allergique au soleil ou non, les consignes de prudence élémentaires sont toujours valables: ne vous exposez pas aux heures les plus chaudes (entre 11h et 15h) et appliquez régulièrement une protection solaire adaptée à votre phototype.

(Propos recueillis par GF)