Vite prendre en charge la scoliose

Stéphanie Paul - Service de médecine physique et réadaptation, Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur
Stéphanie Paul - Service de médecine physique et réadaptation
Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur.

La scoliose idiopathique est une pathologie de la croissance qu’il convient de prendre rapidement en charge pour éviter des conséquences à long terme pour l’enfant. Afin de disposer de nouvelles modalités de thérapie, Stéphanie Paul, kinésithérapeute spécialisée dans les scolioses à Saint-Luc, perfectionnera sa formation l’étranger grâce au soutien de la Fondation Saint-Luc.

La scoliose idiopathique est une pathologie de la croissance qui entraîne une déformation du dos. Il en existe des formes bénignes avec un très bon pronostic mais, dans les cas les plus sévères, elle peut provoquer des conséquences considérables à long terme : "sans opération, le patient peut avoir des douleurs à la colonne, des difficultés de marche ou des problèmes respiratoires. La gravité dépendra de l’angle de la scoliose", explique Stéphanie Paul.

Actuellement, le dépistage est réalisé de manière très précoce, lors des visites de l’enfant chez un pédiatre ou lors de visites médicales scolaires. "Les problèmes peuvent apparaitre dès l’apprentissage de la marche mais, plus généralement, les pics de croissance, surtout au moment de la puberté, constituent les périodes les plus à risque. Vers 18 ans, lorsque la croissance est terminée, on considère qu’il faut moins s’inquiéter."

Si certains facteurs hormonaux ou génétiques ont déjà pu être mis en évidence dans la littérature scientifique, les causes de la scoliose idiopathique demeurent encore peu évidentes.

"Dans les cas les plus sévères, sans opération, le patient peut avoir des douleurs à la colonne, des difficultés de marche ou des problèmes respiratoires."

Eviter ou différer la chirurgie

Lorsqu’une scoliose est détectée, il convient d’agir le plus rapidement possible, pendant la croissance de l’enfant. "L’objectif est que les vertèbres se développent de manière harmonieuse et que la déformation ne puisse pas s’installer." Le traitement dépendra du profil de la scoliose du patient. On considère qu’il y a 4 stades :

  • Premier stade : pour les scolioses dites "souples", ayant un bon pronostic, des séances de kinésithérapie uniquement sont prescrites.
  • Deuxième stade : en plus de la kinésithérapie, l’enfant porte un corset orthopédique en plastique jusqu’à la fin de sa croissance de manière à maintenir une position corrigée et est suivi régulièrement chez un orthopédiste.
  • Troisième stade : en plus des modalités décrites dans les deux premiers stades, des plâtres sont utilisés pendant une période de 3 à 6 mois.
  • Quatrième stade : pour ces cas plus sévères, la chirurgie s’avère nécessaire.

Reprogrammer l’enfant

Les exercices de kinésithérapie proposés aux enfants consistent en une combinaison d’exercices d’étirement et de renforcement. "Souffrant d’une colonne vertébrale très raide, ils sont incapables de se remettre dans une position plus droite sans assouplissements."

Exercices de kinésithérapie pour traiter la scoliose idiopthique.

Autre écueil à prendre en considération : ces enfants ont une vision incorrecte de leur corps et risquent de ne pas transposer en-dehors ce qu’ils travaillent pendant les séances de kinésithérapie. "Ils interprètent différemment le fait de se tenir droit. Il faut donc "reprogrammer" leur corps et toute une série de capteurs présents dans leurs articulations. C’est lié au schéma corporel et cela passe par des exercices devant un miroir ou non, les yeux ouverts ou non, de manière à ce que leur corps leur envoie un message d’erreur lorsque leur position ne sera pas adéquate."

Enfin, l’enfant aura besoin d’endurance musculaire afin de maintenir une bonne position pendant la journée, ce qui passe par des exercices de musculation centrée, effectués en position corrigée de manière à éviter les risques d’accentuer la courbure.

Améliorer le futur de nombreux patients

En tant que centre de référence, les Cliniques Saint-Luc reçoivent des cas très compliqués. "Il est essentiel que nous puissions nous tenir à la pointe des dernières connaissances pour aider au mieux ces patients."

Grâce au soutien de la Fondation Saint-Luc, Stéphanie Paul se formera à l’étranger (Espagne et Pays-Bas) auprès d’un spécialiste internationalement reconnu de la scoliose (le Pr Manuel Rigo) afin d’approfondir ses connaissances et d’explorer des nouvelles pistes de traitement pour les cas plus graves. Cette formation intègrera tous les aspects de la prise en charge des scolioses : médical, kinésithérapie, corsets, chirurgical, etc.

"Mon collègue Philippe Mahaudens et moi-même, kinésithérapeutes au sein de l’équipe multidisciplinaire en charge des scolioses idiopathiques à Saint-Luc, espérons ainsi améliorer le futur de nombreux enfants et aider les adultes dont le dos est déjà affecté et qui souffrent au quotidien."

La scoliose et ses conséquences restent encore peu connues et les dépistages ne sont pas toujours optimaux. "C’est pour cette raison que nous souhaiterions également mettre en place par la suite une formation continue à destination des kinésithérapeutes diplômés en Belgique francophone afin de leur fournir les armes nécessaires pour mieux prendre en charge cette pathologie."

Des liens pour en savoir plus

Le Service de médecine physique et réadaptation

Le Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur

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