Vous êtes ici: >> Professionnels >> Actualités >> Luc@rne

N°5 - Septembre 2013 - Retour au sommaire

Point de vue : Le projet 107

En 2010 a été décidée une réforme de la santé mentale et de la psychiatrie en Belgique. Plus connue sous le nom de projet 107, cette réforme a permis la création de l’Equipe mobile de crise au sein des Cliniques universitaires Saint-Luc. Explications.

Depuis quelques années, les instances internationales tentent de modifier le centre de gravité de la prise en charge psychiatrique : d’une conception asilaire des soins, les pays occidentaux évoluent vers une pris en charge axée sur l’ambulatoire. Ainsi, le recours à l’hospitalisation, quand elle n’est pas nécessaire, réduit les places disponibles pour les patients les plus nécessiteux. En 2011, date du début de la mise en œuvre de la réforme initiée par la Ministre Laurette Onkelinx, la Belgique était l’un des pays possédant le plus de lits psychiatriques. C’est dans ce cadre qu’un projet dévolu à l’Est de Bruxelles est né d’une collaboration entre les Cliniques universitaires Saint-Luc et le Centre hospitalier Jean Titeca. L’Equipe mobile de crise (EMC), projet de l’Unité de crise des Cliniques, est une des émanations visibles de cette association et de cette réforme.

Cette équipe permet aux patients peu désireux de soins d'en bénéficier tout en respectant leur souhait de ne pas être hospitalisé. Elle apporte également aux personnes actuellement trop en souffrance pour demander un soin, une approche respectueuse et graduelle de leur résistance. L’équipe travaille sur le principe de continuité des soins, essentiel à la qualité des soins pour des patients frappés trop souvent d'exclusion sociale et de stigmatisation. Par son action dans le contexte de vie de la personne, l'équipe soutient une approche complexe, centrée sur le réseau existant du patient, respectueuse du droit inaliénable de chacun à exprimer ses préférences citoyennes. Cette alternative à l'hospitalisation, quand elle est possible, permet aussi au patient de maintenir une vie sociale favorable à son rétablissement.

Le travail de la crise

A l’Unité de crise des Cliniques Saint-Luc, les patients « en crise » bénéficient d’un suivi intensif ambulatoire. L'horizon de ce travail réalisé depuis plus de 25 ans s'inscrit dans le même souhait que la réforme évoquée plus haut : par un suivi intensif, permettre aux patients d'éviter une hospitalisation, notamment en cas de crises émotionnelles (rupture, conflits...) et réserver les moyens les plus importants que sont les recours à une hospitalisation aux patients les plus affectés, notamment par une maladie mentale grave. L’Equipe mobile de crise prolonge ce travail en apportant la possibilité de se rendre au domicile de patients peu demandeurs de soins sans attendre que le symptôme ne frappe à la porte de l'hôpital. Ce travail pluridisciplinaire et respectueux du réseau de soins existant du patient, met à l'œuvre infirmiers, psychologues, assistants sociaux et psychiatres. Au domicile du patient, les règles sont différentes de celles qui existent à l'hôpital, ce qui facilite le respect des droits du patient. Cette démarche "hors-les-murs" ouvre à une égalisation de l'éventuel rapport de force et soutient la mobilité psychique de chacun.

Dr Gérald Deschietere, Responsable de l’Unité de crise et d’urgences psychiatriques

L'équipe mobile de crise est joignable tous les jours ouvrables de 9h à 21h au 0490/114.200.