Vous ĂŞtes ici: >> Professionnels >> Actualités >> Luc@rne

N°9 - Mai 2014 - Retour au sommaire

300e greffe hépatique pédiatrique par donneur vivant à Saint-Luc

Pr Raymond Redding

Le 19 février dernier, l’Unité de chirurgie et transplantation pédiatrique des Cliniques universitaires Saint-Luc réalisait la 300e greffe hépatique chez un enfant à partir d’un donneur vivant parental. Le dynamisme de ce programme de greffe hépatique pédiatrique par donneur vivant en fait le centre le plus actif dans ce domaine pour l’Europe et l’Amérique du Nord. C’est l’occasion de revenir sur cette activité d’excellence avec le Pr Raymond Redding, responsable de l’Unité de chirurgie et transplantation pédiatrique.

Depuis vingt ans, la greffe hépatique pédiatrique par donneur vivant est un programme phare du Centre de transplantation de l’UCL. L’expérience acquise a permis de perfectionner la prise en charge médicale, nutritionnelle, chirurgicale, anesthésiologique, radiologique et de soins intensifs avec, à la clé, des publications scientifiques qui ont débouché sur une meilleure connaissance de ce type de prises en charge et une amélioration progressive de ces résultats. Globalement, on observe actuellement un taux de survie de 95% après un an, soit un gain de 20% comparé aux débuts du programme. La qualité des résultats obtenus positionne les Cliniques Saint-Luc comme centre de référence international pour l’Europe, le bassin méditerranéen, l’Amérique du Nord et les pays russophones.

300e greffe hépatique pédiatrique par donneur vivant

Indications

Chez les enfants, il existe trois indications principales de greffe de foie : l’atrésie biliaire (une maladie inflammatoire des voies biliaires survenant dans les semaines qui suivent la naissance), le cancer du foie et la cholestase familiale. En l’absence de traitement, le décès survient dans les 18 mois. Etant donné l’évolution très rapide de la pathologie hépatique et la pénurie d’organes provenant de personnes décédées, le recours au don par donneur vivant s’avère tout indiqué. Cette technique consiste à prélever la partie gauche du foie d’un adulte (20% du foie), laquelle s’inscrit particulièrement bien dans la cavité abdominale d’un enfant. Chez le donneur, les 80% restants font l’objet d’un processus de régénération, pour un retour à l’intégrité des 100% en quelques mois. Chez l’enfant, le phénomène de régénération est aussi à l’œuvre et va entrainer l’adaptation du volume du foie au besoin du patient tout au long de sa croissance.

Une attention de tous les instants

L’accompagnement du donneur et plus particulièrement sa sécurité reste un élément central de la prise en charge, avec des critères de sélection extrêmement stricts. Selon le protocole accepté au comité d’éthique hospitalo-facultaire de l’institution, seul un membre de la famille peut être candidat pour le don. Un bilan de santé très complet, y compris des examens portant sur l’anatomie du foie, est réalisé chez les candidats de façon à réduire au maximum le risque opératoire et à déceler les anomalies qui pourraient (rarement) contre-indiquer le don.

Le donneur subit une intervention de 5 heures et est hospitalisé pendant huit à dix jours. La plus grande attention est portée par les anesthésistes au traitement de la douleur post-opératoire. Jusqu’à présent, parmi les 300 greffes déjà réalisées, aucun donneur n’a développé de complications graves ou de séquelles permanentes. Néanmoins, une attention de tous les instants est requise dans ce domaine très délicat. L’enfant va quant à lui recevoir un traitement immunosuppresseur visant à prévenir un phénomène de rejet toujours possible, même si l’organe provient du père ou de la mère.

Une collaboration pluridisciplinaire

Le succès de ce programme réside dans l’excellence du travail de l’équipe médico-chirurgicale, en partenariat avec les pédiatres du service de gastroentérologie pédiatrique. Chirurgiens et pédiatres peuvent compter sur la précieuse collaboration de tous leurs collègues soignants (radiologues, anesthésistes, réanimateurs, anatomopathologistes) et paramédicaux (diététiciens, kinés, psychologues), sans oublier le rôle central des infirmières (unités de soins, Quartier opératoire, et Soins intensifs) et des coordinatrices de transplantation.

Caroline Bleus