Service de pathologies cardio-vasculaires intensives

Assistance cardiaque de type Novacor

Dans certaines situations où la fonction du coeur est altérée de façon importante et irréversible, où les traitements moins invasifs ont épuisé leurs effets et où le patient risque de décéder sous peu d'insuffisance de la fonction cardiaque, il est parfois possible de remplacer la fonction du coeur par une machine d'assistance cardiaque. Cette machine va être utilisée pour "pomper" le sang dans l'organisme, rôle normal du coeur qu'il ne peut plus assumer du fait de sa faiblesse. A l'heure actuelle ces pompes sont utilisées chez des patients dans l'attente d'une transplantation cardiaque mais on pourra dans un proche avenir les utiliser également à titre définitif même lorsqu'une greffe du coeur n'est pas envisagée.

Puisqu'il s'agit de remplacer le coeur pour des périodes prolongées (plusieurs semaines à plusieurs mois), il est préférable d'utiliser une pompe "implantable" c'est-à-dire, qui soit entièrement à l'intérieur de l'organisme pour limiter les contacts avec l'extérieur et diminuer le risque d'infection.

Dans cette optique, depuis 1994, nous avons utilisé la pompe Novacor® qui était et qui est encore la plus fiable sur le plan technique.

La pompe elle-même est implantée dans l'abdomen, dans une poche formée dans la paroi abdominale entre le péritoine et les muscles abdominaux.

Un conduit d'admission relie la pompe et la pointe du ventricule gauche de telle manière que lorsque le coeur se contracte même faiblement, il se vide vers la pompe et la remplit. Une valve prothétique d'origine porcine à l'extrémité de ce conduit assure que le sang ne puisse retourner vers le coeur. Un deuxième conduit dit conduit d'éjection relie la pompe et l'aorte ascendante légèrement au-dessus de l'orifice de sortie naturel du coeur. Lorsque la pompe "se contracte", elle envoie le sang via ce conduit d'éjection vers l'aorte et l'ensemble de l'organisme. Une deuxième valve porcine à l'entrée de ce conduit empêche le sang de retourner dans la pompe après en avoir été éjecté.

Les ventricules sont encore connectés, par un câble électrique qui traverse la peau de la paroi abdominale, à une source de courant électrique et à un contrôleur qui règle le fonctionnement de la pompe. Les paramètres du contrôleur par un ordinateur lequel peut également recevoir et montrer certaines informations en provenance de la pompe.

L'énergie électrique nécessaire au fonctionnement de la pompe peut-être fournie soit par le courant de distribution lorsque le contrôleur est connecté à une prise de courant murale, soit par des batteries portables et rechargeables. Les batteries ont un poids de + 1 kg pour les batteries et permettent une autonomie de + 4 heures de fonctionnement. Le patient peut dès lors être déconnecté de toute attache et déambuler en emportant sur lui le contrôleur compact et deux batteries.

L'intervention chirurgicale nécessaire au placement de la pompe est évidemment assez lourde de même que la surveillance pot-opératoire immédiate. Il faudra ensuite adapter le traitement anticoagulant (sintromâ) que les patients doivent prendre pour éviter la formation de caillots sanguins dans la pompe. Le risque de formation de caillots qui peuvent partir dans la circulation et le risque d'infection restent les principales menaces de cette assistance et nécessite des contrôles réguliers.

Depuis 1994, 31 patients ont bénéficié aux cliniques Saint-Luc de l'implantation du Novacor en attente d'une transplantation. Les durées de support ont été de 3 jours à plus de 15 mois mais tous les patients sauf un ont pu retourner à domicile grâce à la machine et certains ont même repris leurs activités professionnelles. Quatre-vingt cinq pourcents des patients ont pu grâce à l'assistance être transplantés dans de bonnes conditions.