Service de pneumologie

Extraction de corps étrangers

Nature de l'intervention

But de l'intervention

Dégager la voie aérienne d'un corps étranger, inhalé par inadvertance, lors de ce que l'on appelle communément "une fausse route" ou "fausse déglutition" ou encore "avaler de travers". Il s'agit du passage dans la voie aérienne, normalement fermée au moment de la déglutition, d'un aliment ou d'un autre corps étranger séjournant temporairement dans la bouche. La nature des objets inhalés par inadvertance est extrêmement variée et va de la cacahuète (notamment chez les enfants en bas âge) jusqu'aux morceaux de viande, jouets ou instruments de dentisterie.Le corps étranger inhalé peut provoquer une toux extrêmement intense et un épisode de suffocation. La toux arrive parfois à dégager l'objet (qui est donc recraché par la bouche ou avalé secondairement) mais, le plus souvent, l'objet reste retenu dans la voie aérienne où il provoque une réaction inflammatoire avec risque de complication infectieuse et d'obstruction complète de la voie aérienne ainsi que d'asphyxie ou de collapsus pulmonaire, selon que l'objet se trouve dans la trachée ou le larynx.

Après l'établissement du diagnostic ou d'une suspicion élevée de présence d'un corps étranger dans la voie aérienne, une endoscopie sera réalisée. Il peut s'agir d'une fibroscopie bronchique (voir la fiche d'information "fibroscopie bronchique") ou d'une bronchoscopie rigide (voir la fiche d'information "bronchoscopie rigide"). Une fois l'instrument choisi introduit dans la trachée ou les bronches, l'exploration minutieuse permet généralement de repérer facilement le corps étranger incarcéré dans la voie aérienne et le passage de pinces spéciales, particulièrement adaptées à cette fonction, permet en général le retrait du corps étranger. Comme il s'agit souvent d'enfant en bas âge, il est évident que le consentement éclairé des parents est requis.

Durée de l'intervention

L'examen dure en général une demi-heure.

Préparation avant l'intervention

En cas d'anesthésie générale, il est habituel d'exiger une période de jeûne d'environ 6 h pour les aliments et le lait et d'environ 3 h pour l'eau sucrée avant l'anesthésie générale.Chez les enfants, l'acte technique se réalise sous anesthésie générale, sous la responsabilité d'un anesthésiste spécialisé en actes réalisés chez l'enfant.

Risques de l'intervention

Degré d'urgence de ce type d'intervention

Dans les heures qui suivent le diagnostic

Fréquence de ce type d'intervention

Pratiqué habituellement dans notre service

Contre-indications à l'intervention

Il n'y a pas de contre-indication absolue à cette intervention.

Effets secondaires de l'intervention

voir les fiches "bronchoscopie" et "bronchoscopie rigide"

Risques inhérents à l'intervention

L'intervention peut être grevée d'un risque particulier. En effet, ce n'est pas tellement l'intervention en elle-même qui est facteur de risque mais le fait que la voie aérienne soit obstruée par un corps étranger, ce qui peut placer le patient dans une situation de compromis vital dont il est nécessaire de le sortir, en réalisant justement cet acte: l'extraction d'un corps étranger. Pour les enfants en bas âge, des complications ont été décrites, mais de façon rarissime, lorsque le corps étranger a été inhalé longtemps avant le moment de l'extraction. Ces complications peuvent aller de l'hémorragie bénigne jusqu'à la perforation de la trachée ou d'une bronche pouvant même conduire jusqu'au décès du patient.

Que fait-on en cas de complications?

Les mesures adéquates sont prises, selon le type de complication.

Alternatives thérapeutiques ou diagnostiques

En cas d'impossibilité de retrait d'un corps étranger par endoscopie, ce qui peut parfois arriver lorsque le corps étranger est très périphérique dans le poumon, la solution alternative est une résection par voie de chirurgie thoracique, ce qui représente un geste plus agressif que l'endoscopie.

Après l'intervention

Soins de suivi après l'intervention (prévention et gestion de la douleur)

Le repos et le jeûne sont nécessaires après l'intervention durant environ 1 h à 2 h, surtout si l'intervention a été pratiquée sous anesthésie générale. Dans ce cas, le patient séjourne en salle de réveil. Une surveillance de un à deux jours est souvent nécessaire et des traitements complémentaires (antibiotiques, par exemple) peuvent être administrés.

Répercussions financières de cette intervention

L'examen est remboursé par la Mutuelle (le remboursement est de 137,58 €)

Refus de l'intervention

le refus de l'intervention peut entraîner des conséquences délétères pour la santé du patient avec risque de complications infectieuses et d'abcès pulmonaire.