Service de pneumologie

Test de provocation spécifique

Nature du test

But de l'examen

Déterminer si le patient présente une allergie ou une intolérance à un produit déterminé (aliment, médicament, substance utilisée sur les lieux du travail.). Pour ce faire, le test consiste à exposer l'organisme à la substance suspecte en doses croissantes dans des conditions réalistes en prenant les précautions nécessaires afin d'éviter d'éventuelles manifestations allergiques sévères ou dangereux.

L'indication de ce test est posée après une consultation initiale au cours de laquelle le patient aura expliqué ses plaintes au médecin et celui-ci aura effectué un examen clinique et probablement des tests allergiques cutanés et/ou biologiques (prise de sang) et/ou des épreuves fonctionnelles respiratoires. En fonction des résultats de ces premières investigations et après avoir exclu des contre-indications, le médecin décidera s'il est justifié ou souhaitable de réaliser, avec l'accord du patient, un test de provocation spécifique.

Modalités pratiques

Préparation

Ce test est généralement programmé à l'avance (quelques heures à quelques jours): date et durée de réalisation du test. En fonction de la nature du test, le médecin doit préciser si le patient doit être à jeun, si un régime alimentaire doit être suivi au préalable et si certains médicaments doivent être arrêtés et, dans ce cas, avec quel délai.

Réalisation

L'épreuve de provocation se fait toujours en milieu hospitalier (local situé au -2Q8) sous une surveillance constante dont la durée est déterminée par le mécanisme d'hypersensibilité suspecté (pouvant aller de 2 à 8 h). Au cours de cette période, le patient doit rester dans le service. Au terme de l'épreuve, il ne partira qu'avec l'accord du médecin et après un dernier entretien avec celui-ci: le patient ne quittera le service que s'il est médicalement en état de le faire. Dans le cas contraire (s'il a fait une réaction importante en cours de test ou une réaction tardive), il sera maintenu sous surveillance au cours de la nuit suivante soit à l'étage soit en hospitalisation provisoire.

Le médecin détermine la voie d'administration en fonction de la nature de l'élément suspect et des circonstances dans lesquelles sont survenues les manifestations cliniques d'intolérance (voie orale, inhalée, injectable). Généralement, le patient est placé sous perfusion de sécurité avant de commencer la provocation et les paramètres cliniques (pouls, tension, surveillance respiratoire, relevé des symptômes) du patient sont enregistrés pendant toute la durée de l'épreuve. Il est toujours demandé au patient de signaler sans retard toute manifestation clinique inhabituelle. Le médecin déterminera alors si le test doit être poursuivi ou interrompu. En cas de réaction clinique le médecin toujours présent sur place administrera immédiatement les drogues nécessaires au contrôle des symptômes.

Risques liés au test

Contre-indications

Aucun test de provocation ne peut être réalisé sous traitement ß-bloquant ou antihistaminique. Le médecin responsable demandera donc d'interrompre ces médicaments avant le test de provocation en précisant quand ils doivent être arrêtés.

Manifestations secondaires

Des manifestations allergiques ou d'intolérance peuvent survenir en cours de test: c'est pour cette raison que les conditions de réalisation et le respect des contre-indications doivent être assurés. Les manifestations secondaires peuvent aller d'une simple démangeaison à la chute de tension en passant par l'urticaire, gonflement des lèvres ou de la face, difficultés respiratoires. Toute manifestation secondaire doit être immédiatement signalée et le médecin administrera en fonction des symptômes corticoïdes, adrénaline, bronchodilatateur, antihistaminique.
Si le patient présenté une réaction importante en cours de test ou une réaction tardive, il sera maintenu sous surveillance au cours de la nuit suivante soit à l'étage soit en hospitalisation provisoire.

Contraintes pratiques

Durant la journée du test, le patient peut conserver ses vêtements civils; il lui est conseillé de porter des vêtements confortables, assez chauds (air climatisé) et donnant facilement accès aux membres supérieurs (mise en place de perfusion, prises de la pression artérielle) et au thorax (faciliter l'auscultation cardio-pulmonaire et l'inspection de la peau en cours de journée). Il veillera encore à prévoir des occupations pour la durée du test (livres et journaux, mots croisés, jeu de cartes, tricot, ordinateur par exemple). Les visites sont autorisées en cours de test mais en limitant le nombre de personnes (parent ou conjoint) car il peut y avoir simultanément au maximum trois patients en cours d'évaluation dans le même local. Toutefois, les membres de la famille peuvent s'informer de l'évolution du test en téléphonant dans le service au 02 7642840. Pour les patients devant rester l'après-midi, un repas est prévu dans le service à 13 h.

Si pour une raison valable le patient doit modifier la date du test programmé, il peut le faire en prévenant au n° de téléphone ci-dessus. Il est important de le signaler car pour la réalisation d'un test de provocation, des médicaments sont commandés spécifiquement pour le patient et lui seront facturés s'il ne prévient pas du changement de date ou de l'annulation du test.

Consentement

Tout patient devant subir un test de provocation devra signer son consentement avant le début de l'épreuve. Pour les personnes de moins de 18 ans, l'autorisation d'un parent ou tuteur sera exigée ainsi que la présence d'un adulte à ses côtés pour la durée du test.

Après le test

Traitement

En fin d'épreuve, le médecin responsable précise au patient quelles suites donner: traitement à suivre, médicaments à réintroduire, évictions à assurer.Toute manifestation clinique tardive (survenue après le retour au domicile) doit être signalée le lendemain au médecin responsable. En principe, le patient ne doit pas craindre de réaction sévère après la sortie de l'hôpital. Lorsque le risque existe, il sera maintenu hospitalisé.

Coût

Si le patient est assuré et en ordre de mutuelle, le coût de la prestation est pris entièrement en charge par l'organisme assureur. Dans le courant de l'année 2008, un code de prestation spécifique sera attribué par l'INAMI avec un montant d'intervention qui n'est pas encore connu à ce jour.