Service de rhumatologie

L'ostéodensitométrie

Examen réalisé quotidiennement
Responsables: Pr J. -P. Devogelaer, Pr Y. Boutsen

Rendez-vous: 02 764 29 92

La mesure de la densité minérale osseuse (DMO) par l'ostéodensitométrie est devenue la pierre angulaire du diagnostic de l'ostéoporose et des décisions thérapeutiques pour la prévention des fractures.

Il existe une corrélation élevée entre la densité minérale osseuse et la force à développer pour briser un os dans de nombreuses études de laboratoire. En clinique, la DMO est mesurée par un appareil d'absorptiométrie à rayons X, lequel en permet une mesure très précise. Cet appareil peut mesurer la DMO à la colonne, où il s'intéresse à la densité de l'os surtout trabéculaire, à la hanche (os principalement cortical) et dans certaines études particulières au corps entier et à l'avant-bras (os essentiellement cortical). La durée d'un examen est en moyenne de 15 à 20 minutes. Il est non-sanglant. La mesure à divers sites permet de calculer plus explicitement le risque fracturaire du site considéré, bien qu'il y ait une relativement bonne corrélation entre tous les sites, l'ostéoporose étant une maladie généralisée du squelette. Dans chaque sexe, les valeurs de DMO sont exprimées en valeurs absolues (g/cm2) et en nombre d'écarts-type par rapport à la moyenne des sujets normaux de jeune âge (20 à 29 ans), appelés T-scores, ainsi qu'en nombre d'écarts-type par rapport à la moyenne des sujets normaux du même âge, appelés Z-scores. Il a été montré que chaque diminution de un écart-type des valeurs de DMO double le risque fracturaire au site mesuré, relativement au risque fracturaire du sujet jeune (T-score) ou du sujet du même âge (Z-score). C'est ainsi qu'un(e) patient(e) ayant un T-score égal à – 3 à un risque mesuré à 2 X 2 X 2 = 8 fois le risque de fracture du sujet jeune. Par convention, suite à des études épidémiologiques, il a été convenu par l'OMS que la définition opérationnelle de l'ostéoporose ostéodensitométrique était de < - 2.5 T-scores. Une valeur normale de DMO est supérieure à – 1 T-score. Entre les deux (T-scores < - 1 à > - 2.5), il s'agit d'un état qualifié d'ostéopénie, où le risque fracturaire est intermédiaire. Le seuil de < - 2.5 T-scores a été retenu en Belgique pour le remboursement par l'INAMI des médicaments combattant l'ostéoporose chez les femmes ménopausées. Chez les hommes, il faut réunir deux des trois éventualités suivantes pour obtenir le remboursement: un T-score < - 2.5 à la colonne et/ou un T-score < - 1 à la hanche et/ou un tassement vertébral de plus de 25 %.

L'ostéodensitométrie est depuis peu remboursable par l'INAMI sous des conditions très restrictives:

  • Femmes âgées de plus de 65 ans avec une histoire familiale de fracture de la hanche d'un membre de la famille du premier ou second degré
  • Quel que soit l'âge ou le sexe, si un ou plusieurs des facteurs de risques suivants sont présents
    • fracture-tassement par fragilité (atraumatique) non oncologique de la colonne vertébrale
    • antécédent de fracture périphérique par fragilité (atraumatique) à l'exclusion des fractures survenues aux doigts, orteils, crâne, face ou à la colonne cervicale
    • patient(e)s sous glucocorticoïdes à dose équivalente à > 7,5 mg de prednisolone par jour pendant plus de trois mois d'affilée
    • patient(e)s cancéreux(ses) sous thérapie antihormonale ou en ménopause secondaire à un traitement anticancéreux
    • patient(e)s souffrant d'une ou plusieurs affections à risque sous-jacentes
      • polyarthrite rhumatoïde
      • hyperthyroïdie évolutive non traitée
      • hyperprolactinémie
      • hypogonadisme de longue durée (orchidectomie thérapeutique ou traitement de longue durée avec une hormone analogue des gonadotrophines (GnRH))
      • hypercalciurie idiopathique
      • hyperparathyroïdie primaire
      • ostéogénèse imparfaite
      • maladie/syndrome de Cushing
      • anorexie nerveuse avec un indice de masse corporelle de Quetelet < 19 kg/m2)
      • ménopause précoce naturelle ou provoquée (< 45 ans)
  • Le remboursement INAMI de l'examen DXA est à nouveau possible après 5 ans sous les mêmes conditions. De plus, le protocole de l'examen doit inclure l'estimation du risque fracturaire (indice FRAX). La demande de l'examen doit dès lors impérativement comporter la réponse aux facteurs de risque suivants:
    • antécédent personnel de fracture à l'âge adulte
    • fracture de la hanche chez le père et/ou la mère
    • tabagisme actif
    • prise de glucocorticoïdes
    • diagnostic confirmé de polyarthrite rhumatoïde
    • ostéoporose secondaire
    • consommation quotidienne de plus de 3 unités d'alcool

L'indice FRAX, joint à l'examen ostéodensitométrique par DXA permet de raffiner le risque fracturaire dans les dix ans qui suivent. Cet indice FRAX mesure les risques non directement liés à la DMO. Sa valeur de seuil (cf. rubrique ostéoporose) n'entraîne pas encore de droit au remboursement des médicaments antiostéoporotiques. Il est certain qu'il peut être fréquemment utile de réaliser un examen de DMO hors remboursement par l'INAMI, par exemple en cas de facteurs de risques non repris par les critères de remboursement (exemples non exhaustifs: chutes fréquentes, maladie de Parkinson, suivi de l'effet d'un traitement antiostéoporotique, ... ).