Service de rhumatologie

La Clinique de l'ostéoporose

Responsables: Pr J. -P. Devogelaer, Pr Y. Boutsen

La Clinique de l'ostéoporose a pour but de confirmer le diagnostic de la maladie, d'en rechercher les causes éventuelles et de proposer, le cas échéant, un traitement approprié.

L'ostéoporose est une affection du squelette, caractérisée par une diminution de la densité minérale osseuse et par une altération de la microarchitecture de l'os. Cette affection entraîne une fragilisation du squelette qui augmente le risque de fractures.

L'os n'est pas un matériel figé. Il se remodèle continuellement, c'est-à-dire que des cellules appelées ostéoclastes résorbent l'os vieillissant, alors que d'autres cellules baptisées ostéoblastes refont de l'os plus jeune dans un mécanisme couplé de remodelage. Dans l'ostéoporose qui survient après la ménopause, les ostéoclastes deviennent plus actifs, alors que les ostéoblastes s'essoufflent à suivre le mouvement. Il s'ensuit une diminution de la densité osseuse ainsi qu'une destruction lentement progressive des travées osseuses normalement interconnectées. La vitesse du remodelage osseux est variable d'un sujet à l'autre. Un autre mécanisme de développement de l'ostéoporose consiste en une acquisition insuffisante de capital osseux en fin de croissance, et/ou une combinaison des deux mécanismes. Ce sont des facteurs génétiques, nutritionnels et environnementaux qui déterminent le gain en capital osseux et la perte osseuse avec l'âge. Une femme sur trois sera menacée d'ostéoporose après sa ménopause, suite à la carence œstrogénique qui s'installe à cette période. Les hommes sont moins fréquemment atteints, et les enfants encore moins souvent.

On distingue aussi des ostéoporoses secondaires à des maladies endocriniennes (manque ou excès de certaines hormones), à des carences (apports calciques insuffisants), à des toxiques (tabac, alcool, certains médicaments), etc.

Dans sa phase d'installation, l'ostéoporose est asymptomatique. On l'appelle le "voleur silencieux". C'est lorsque des fractures surviennent qu'elle devient symptomatique (douleurs aiguës qui deviennent chroniques à la longue, perte de taille, statique voûtée). La première fracture d'origine ostéoporotique intéresse l'os trabéculaire: fracture du poignet dite de Pouteau dont la fréquence augmente chez la femme très sensiblement après l'âge de 45 ans, et fracture – tassement vertébral dès l'âge de 60 ans. Ultérieurement, après 70 ans, le risque de fracture de la hanche augmente fortement. Cette dernière est redoutable, car le risque de perte d'autonomie et de morbidité est grand. La mortalité dans les premiers mois s'élève surtout chez la personne âgée fragile. On estime que 15 % de toute la population féminine qui atteindrait l'âge de 80 ans contre 5 % de la population masculine qui atteindrait l'âge de 75 ans pourraient souffrir d'une fracture du col fémoral.

Le risque fracturaire dans les dix ans qui suivent peut être évalué par un nouvel outil, reconnu par l'OMS , appelé FRAX. Il repose sur la valeur de masse osseuse (mesurée par ostéodensitométrie), l'âge, le sexe, le poids, la taille, les antécédents personnels de fracture à l'âge adulte, les antécédents de fracture de la hanche chez les parents du premier degré (père ou mère), le tabagisme actuel, la prise actuelle de glucocorticoïdes (ou dans le passé pendant plus de trois mois à une dose de 7,5 mg/j ou plus), un diagnostic confirmé de polyarthrite rhumatoïde, une cause d'ostéoporose secondaire et la consommation quotidienne de trois verres d'alcool ou plus (verre de bière de +- 28,5 cl, verre de spiritueux +- 3 cc, verre d'apéritif +- 6 cc, verre de vin +- 12 cc). On considère qu'un risque fracturaire de 15 % chez une femme de 65 ans est significatif. A terme, il est probable que l'indice FRAX sera utilisé pour obtenir le remboursement des médicaments antiostéoporotiques, plutôt que la valeur de masse osseuse elle-même, comme c'est le cas actuellement.

Le but du traitement de l'ostéoporose est de réduire le risque fracturaire. Il faut combattre la sédentarité par une activité physique accrue (marche à pied au moins ¾ heures, 3 à 4 fois par semaine, jogging, exercices en charge raisonnable). Cela aide à la prévention des chutes. Il convient d'améliorer le régime alimentaire, notamment en insistant sur les apports calciques. La difficulté d'y parvenir chez les personnes âgées justifie la prescription de suppléments calciques, idéalement 1 g à 1g500/jour (comprenant les apports alimentaires) et vitaminique D (800 à 1000 unités/jour). Les apports calciques alimentaires se retrouvent dans les produits laitiers, mais aussi dans certains végétaux (brocolis, choux, épinards, persil, légumes secs,... ). La vitamine D est acquise essentiellement par l'exposition au soleil (ou à défaut, par des suppléments médicamenteux). Une supplémentation correcte permet également de réduire le risque des chutes. Un traitement hormonal doit être discuté avec votre médecin traitant et/ou votre gynécologue à la ménopause. L'hypogonadisme masculin peut être corrigé.

Il existe par ailleurs plusieurs traitements médicamenteux (indications à discuter avec votre médecin) remboursables sur la base d'un examen ostéodensitométrique. La majorité des traitements ont pour but de freiner la déperdition osseuse.