Service de stomatologie et de chirurgie maxillo-faciale

Traumatismes: plaies, fractures, luxations

Le traumatisme que vous avez subi a entraîné des lésions (contusions-plaies-fractures-luxations) bien localisées ou associées au niveau:

  • cutané ou muqueux,
  • dentaire,
  • osseux, au niveau des maxillaires, de la mandibule, de l'os malaire ou zygomatique, des parois orbitaires, de plusieurs de ces structures à la fois.

Les plaies: cutanées et muqueuses, doivent être parées et suturées si nécessaire.

Les traumatismes dentaires s'accompagnent souvent de déplacement dentaires empêchant une occlusion normale et handicapant la fonction masticatrice. La réduction des dents déplacées et leur contention durant la consolidation sont indispensables en cas de déplacement important. La réimplantation de(s) dent(s) est indiquée dans la mesure du possible.
Les fractures osseuses peuvent entraîner, par le déplacement des fragments, des problèmes fonctionnels: difficulté d'ouverture buccale, difficulté de mastication, vision trouble, hypoesthésie ou anesthésie dans le territoire des branches du nerf trijumeau et des problèmes anatomiques inesthétiques (affaissement de la pommette, enfoncement de l'arcade zygomatique).

Le traitement est réalisé d'habitude sous anesthésie locale ou générale et consiste à replacer le mieux possible les fragments dans leur position anatomique, à restaurer une occlusion dentaire fonctionnelle et les maintenir éventuellement dans cette position par un blocage intermaxillaire complété ou non par des ostéosynthèses par plaques vissées.

Le blocage intermaxillaire consiste en la mise en place, par abord intrabuccal, d'un arc métallique fixé par des ligatures péridentaires, sur les deux arcades dentaires qui sont dès lors maintenues solidarisées par des ligatures intermaxillaires. La durée de ce blocage peut être de 2 à 6 semaines en fonction du cas.
Des ostéosynthèses par plaque(s) vis-sée(s), destinées à maintenir la réduction anatomique des fragments et à raccourcir la durée ou supprimer le blocage intermaxillaire, peuvent être associées au blocage intermaxillaire; ces plaques sont mises en place soit par abord intrabuccal et incision muqueuse, soit par abord extra-buccal et incision cutanée.

Pour les fractures du plancher orbitaire, l'indication d'une interposition d'un plancher orbitaire " artificiel " est discutée en fonction des lésions.

La durée de ces interventions peut être de plusieurs heures.

Après le réveil et durant toute la durée du blocage intermaxillaire, une paire de ciseaux à couper les fils métalliques doit accompagner le patient pour un éventuel déblocage en urgence (en cas de vomissements par exemple).
Après un séjour en salle de réveil de quelques heures, le patient est remonté dans sa chambre. Pour des traumatismes ayant entraîné des problèmes neurologiques ou d'autres lésions avec risques vitaux, un passage aux soins intensifs peut être nécessaire.
Une perfusion intraveineuse est maintenue les premières heures pour hydratation et pour administration médicamenteuse.
De l'eau non pétillante peut être absorbée, en petite quantité, 6 heures après le réveil. Un régime alimentaire pour blocage intermaxillaire est prévu et des feuilles de conseils d'alimentation sont remises au patient pour adapter son alimentation à domicile. La mastication n'étant pas possible, le principe est d'ingérer, sous une forme molle ou liquide, et en petites prises fractionnées, la quantité habituelle de nourriture.

Une hygiène buccale et dentaire par bains de bouche avec un antiseptique buccal (type Corsodyl, Isobétadine buccale...) et par brossage dentaire est à réaliser rigoureusement toute la durée de la présence des arcs.

Les inconvénients immédiats comportent:

  • la douleur et un gonflement postopératoire éventuel;
  • l'inconfort du blocage intermaxillaire;
  • les difficultés d'élocution (passagères);
  • l'impossibilité de mastication;
  • les contraintes d'un régime pour blocage intermaxillaire;
  • la difficulté de l'hygiène buccale.

Les risques opératoires sont liés aux risques de l'anesthésie et aux risques de lésions des structures anatomiques: lésion des vaisseaux (risques d'ecchymose, d'hématome, d'hémorragie), lésion des nerfs sensitifs (risque d'hypoesthésie, anesthésie, paresthésie), lésion des nerfs moteurs (risque de paralysie), lésions dentaires (les dents luxées et/ou fracturées ayant un pronostic de guérison très variable en fonction de nombreux éléments lésionnels et thérapeutiques).

Les séquelles post-traumatiques possibles sont:

  • l'infection;
  • l'absence de consolidation des fragments;
  • la limitation de l'ouverture buccale;
  • un dysfonctionnement des articulations temporo-mandibulaires;
  • des troubles de cicatrisation en cas d'abord chirurgical cutané;
  • une paralysie faciale (partielle ou totale en fonction des lésions);
  • des troubles de la sensibilité dans le territoire du nerf trijumeau;
  • de la diplopie (=vision " double ");
  • des problèmes d'infections, de mobilité et de perte des dents traumatisées, à court et long terme.

L'incapacité de travail est fonction de l'importance des lésions traumatiques et de ses traitements.