Service de gynécologie et d'andrologie

Ménopause

La ménopause doit être vécue comme une nouvelle phase de la vie de la femme. Il faut pouvoir savoir à quoi s’attendre et surtout savoir qu’il existe des moyens hormonaux et non hormonaux pour éliminer les symptômes inconfortables.

Une prise en charge correcte, faite par des spécialistes, peut aider les femmes à vivre mieux le changement.

Grâce à l’application « St Luc at home », votre généraliste peut avoir accès à votre consultation réalisée dans notre hôpital et un lien direct avec lui sera ainsi possible.

Qu’est–ce que la ménopause ?

La ménopause est définie comme l’absence de règles pendant une période supérieure à un an. L’âge moyen de la ménopause se situe entre 48 et 52 ans. Toutefois, certaines femmes sont ménopausées avant cet âge et on parle alors de ménopause précoce ou prématurée.

Combien de temps dure la ménopause ?

La ménopause n’est pas une période transitoire dans la vie de la femme mais il s’agit d’un status définitif. Avec l’augmentation de la longévité, la majorité des femmes vont passer plus d’un tiers de leur vie en ménopause. Ce qui peut être transitoire, ce sont les symptômes de la ménopause.

Quels sont les symptômes de la ménopause ?

Les symptômes les plus fréquemment décrits par les femmes sont : troubles vasomoteurs (bouffées de chaleurs, transpirations nocturnes), changements d’humeur avec irritabilité, fatigue, troubles du sommeil, arthralgies, atrophie uro-génitale (qui est mise en évidence par une sécheresse et parfois par un inconfort voire une douleur lors des rapports sexuels (encore appelée dyspareunie).

Ces symptômes peuvent être légers, modérés, ou sévères, et peuvent avoir un impact important sur la qualité de vie des femmes.

Traitement hormonal : de quoi s’agit-il ?

Le traitement hormonal à la ménopause est défini comme la substitution des hormones ovariennes pour les femmes qui ont eu une ménopause naturelle ou consécutive à une chirurgie.

Elle consiste en un traitement oestrogénique seul (pour les patientes qui ont eu un antécédent d’hystérectomie ou ablation de l’utérus) ou oestro-progestatif. Le réel bénéfice du traitement hormonal de substitution (THS) est déterminé par les œstrogènes. L’association avec un progestatif est obligatoire pour protéger l’endomètre et éviter l’hyperplasie endométriale et n’est donc pas prescrite aux patientes n’ayant plus d’utérus.

Le THS est traditionnellement utilisé : 1) œstrogènes seuls en continu (seulement en cas d’absence d’utérus); 2) oestro-progestatifs en continu; 3) œstrogènes en continu avec de la progestérone administrée de manière séquentielle (12 ou 14 jours par mois). Le THS séquentiel donne des saignements à l’arrêt du progestatif.

Quand et quel dosage ?

Les recommandations les plus récentes soulignent l’importance de prescrire la dose efficace la plus faible possible, comme 0,5 mg de 17?-oestradiol associés à un progestatif.

De plus hautes doses d’oestrogènes peuvent être données dans les cas où il n’y a pas de disparition des symptômes vasomoteurs.

Dans les cas de ménopause précoce (avant 40 ans) ou prématurée (avant 45 ans), des doses d’oestrogènes plus élevées sont d’emblée prescrites (2 mg de 17-? oestradiol) jusqu’à l’âge habituel de la ménopause.

Traitement hormonal de substitution : risques et bénéfices

THS et ostéoporose : la perte de masse osseuse annuelle moyenne en post-ménopause est de 2%, mais elle peut atteindre 5% chez certaines femmes et augmenter de façon significative le risque de fracture. Toutefois, il faut prendre en considération d’autres paramètres comme l’âge de la ménopause, le poids, l’activité physique… Il est actuellement documenté que la prise d’un THS augmente la densité osseuse et prévient le risque de fracture.

THS et risques cardiovasculaires : chez les femmes qui n’ont pas de facteurs de risque cardiovasculaire à l’âge de la ménopause, un traitement oestrogénique réduit le risque de pathologies cardiovasculaires; cet effet bénéfique persiste après l’arrêt du traitement si celui a été pris pendant une durée de 5 ans. Le TSH doit être commencé le plus tôt possible, au début de la ménopause avant l’atteinte athéromateuse au niveau artériel, pour atteindre un bénéfice maximal.

THS et cancer du sein : Les études ont montré une augmentation des cancers du sein avec la prise d’un progestatif synthétique par rapport à un progestatif naturel. Par ailleurs, l’incidence des cancers du sein augmente avec une durée du THS supérieure à 5 ans.

Quand commencer et quand arrêter ?

Les nouvelles études ont mis en évidence l’importance de commencer le plus tôt possible. Le maximum de bénéfices d’un traitement hormonal de substitution est obtenu si celui est commencé dans l’année qui suit le début de la ménopause. Après 5 ans, il faudra réévaluer la balance risques-bénéfices pour un éventuel prolongement.

Traitements alternatifs non hormonaux ?

Des petites études ont mis en évidence une efficacité de ces traitements sur les troubles vasomoteurs (bouffées de chaleur, transpirations nocturnes); toutefois le bénéfice réel doit encore être confirmé. Ces traitements peuvent être utilisés lorsque le TSH est contre-indiqué.

Ils n’ont pas d’efficacité sur la protection du risque cardiovasculaire et sur la diminution du risque d’ostéoporose.

Le développement de nouveaux traitements non hormonaux de substitution est en cours. Parlez-en avec votre médecin.